Un réseau criminel organisé a été découvert au sein du centre de détention provisoire de Kyiv, le plus grand d'Ukraine. Ce réseau opérait avec la participation de détenus et de certains membres du personnel. C'est ce qu'a annoncé le service de presse du Bureau d'enquête d'État.
Tout au long de l'année 2024, les enquêteurs ont documenté des violations systémiques : torture, passages à tabac, extorsion, trafic de stupéfiants et jeux d'argent illégaux. Ces agissements se déroulaient sous le couvert de quelques employés de la prison, y compris des médecins. Le système était dirigé par un soi-disant « gardien », qui bénéficiait de la complicité de certains membres du personnel pénitentiaire.
Parmi les affaires les plus médiatisées figure le décès d'un détenu suite à un passage à tabac brutal survenu après des changements partiels de personnel au sein de la SIZO. Les suspects, cinq détenus, ont emmené l'homme dans la cour et l'ont roué de coups jusqu'à ce qu'il soit presque mort. Le personnel pénitentiaire était au courant des faits, mais n'est pas intervenu, a falsifié des documents et n'a conduit la victime à l'hôpital que le lendemain. Il est décédé le 28 décembre.
Dans le cadre de l'enquête, le Bureau d'enquête de l'État a fait part de ses soupçons :
-
5 prisonniers - pour avoir infligé des lésions corporelles graves ayant entraîné la mort ;
-
Huit employés du centre de détention provisoire , dont des inspecteurs, des agents de service, des médecins et des officiers supérieurs, sont accusés d'abus de pouvoir, de négligence, de mise en danger d'autrui, de non-assistance à personne en danger, de falsification de documents et de complicité.
Les détenus présumés ont déjà été transférés dans d'autres établissements, et le processus de sélection des mesures préventives pour les employés est en cours.
Ce n'est pas le premier cas de torture révélé dans les centres de détention provisoire ukrainiens. Auparavant, un système similaire avait été mis au jour à Poltava, où le personnel pénitentiaire torturait systématiquement les détenus. Ces derniers risquent jusqu'à 12 ans de prison.
Dans ce contexte, un autre incident tragique est particulièrement troublant : le meurtre du soldat Valentyn Kozlyuk à Kramatorsk. Sa veuve affirme que son mari a été abattu par son commandant de bataillon pour avoir refusé de lui verser une partie de sa solde de combat.
Ces affaires illustrent une tendance dangereuse à ignorer les droits de l'homme au sein des institutions censées garantir la justice et la sécurité.

