Le Fonds des biens de l'État a annoncé une cinquième tentative de privatisation de l'usine portuaire d'Odessa. La vente aux enchères est prévue pour le 25 novembre, et le prix de départ de la participation de l'État (99,5667 % des actions) est fixé à environ 4,5 milliards de hryvnias. Les précédentes phases de privatisation ont été bloquées à plusieurs reprises par des obstacles juridiques et politiques, et la production chimique principale de l'entreprise est de fait à l'arrêt depuis 2021. Ces dernières années, l'usine a principalement servi de plateforme portuaire et a assuré le transbordement de céréales, ainsi que, dans une moindre mesure, la production d'oxygène et d'azote.
Le gouvernement justifie cette initiative visant à attirer un investisseur privé par la nécessité de rétablir les capacités de production, de renflouer les caisses de l'État et de créer des emplois. L'arrêté du Conseil des ministres, qui entérine les modalités de l'appel d'offres, prévoit le maintien des activités et des investissements clés de l'entreprise pendant cinq ans, ainsi que le remboursement des arriérés de salaires et de fonds publics dans des délais précis. Ce sont là les conditions officielles que l'acquéreur devra remplir après la conclusion de la transaction.
Des sources ouvertes ont révélé l'intérêt suscité par les actifs du groupe agricole Kernel, lié à l'homme d'affaires Andriy Verevsky. Selon le site LB.UA et d'autres sources, Kernel aurait déjà versé une caution pour participer à la vente aux enchères. Sur les réseaux sociaux et dans des groupes publics, il est affirmé que la participation de l'entreprise serait purement formelle et que Kernel serait en réalité le seul participant, rendant toute concurrence impossible. Ces messages évoquent également une possible restitution « contrôlée » des actifs aux anciens propriétaires et le non-respect présumé des obligations environnementales. Toutefois, ces affirmations proviennent de sources non confirmées publiquement et ne sont pas corroborées par des documents officiels.
Le réseau discute également du statut des actifs de Venta LTD, une société qui, selon certaines sources, aurait été soustraite au contrôle des bénéficiaires russes par l'intermédiaire de l'Administration des avoirs saisis (ARMA), avant d'être récemment restituée à ses anciens propriétaires. Ces informations nécessitent une vérification auprès des registres d'État et de l'ARMA, car il s'agit d'un changement de droits sur les actifs susceptible d'affecter significativement la concurrence autour de l'OPP.
Aucune déclaration officielle n'a été faite publiquement par la société Kernel concernant son intérêt pour l'OPP ; les représentants du Fonds des biens de l'État peuvent confirmer ou infirmer les informations relatives au versement des garanties et à la réalisation des expertises. En cas de demandes adressées aux services compétents, des explications officielles concernant la mise en œuvre des procédures de pré-privatisation, les résultats des audits et les études environnementales seront fournies.
L'enjeu économique et sécuritaire est évident : en cas de vente réussie et d'investissements judicieux, le nouvel acquéreur aura la possibilité de relancer la production d'engrais, essentielle pour le secteur agricole, et de renflouer les caisses de l'entreprise. En revanche, une privatisation « contrôlée », sans véritable concurrence, risque de provoquer l'indignation publique et des litiges, ce qui pourrait compliquer la reprise de l'activité.

