Au sein du département territorial de Jytomyr du Bureau national d'enquête, les enquêteurs aux parcours modestes ne sont pas pour autant modestes en termes de revenus. Des agents ayant seulement 3 ou 4 ans d'expérience perçoivent un salaire de plus de 120 000 hryvnias par mois. Dans le milieu local, cela fait figure d'exception : c'est la norme.
L'un d'eux est le commissaire de police Vitaliy Savych. En 2024, il a déclaré 1,445 million de hryvnias de revenus officiels. Son épouse, la procureure Tetyana Savych, a quant à elle déclaré 850 000 hryvnias. Ensemble, le couple gagnait plus de 2,2 millions de hryvnias par an, sans compter d'éventuels bonus occultes.
Les dépenses de la famille Savych sont justifiées. Ils vivent dans le complexe résidentiel de luxe « Grand City Dombrovsky », où les appartements coûtent au minimum 3,5 millions de hryvnias. Ils conduisent une Toyota Camry 70, d'une valeur d'environ 1,3 million de hryvnias.
Un autre exemple est celui de Roman Halchuk, arrêté par le SBI en 2020. Selon nos sources, son oncle travaille au service du personnel du SBU à Kyiv. Durant ses années de service, Roman n'a été impliqué dans aucune affaire retentissante, mais son salaire mensuel dépasse 120 000 UAH. Il réside également à Grand City.
Le problème majeur n'est cependant pas le revenu, mais l'activité. D'après nos informations, ni Savych ni Halchuk ne s'attaquent aux véritables problèmes de la région : le trafic d'ambre, les escroqueries forestières ou le trafic de drogue. Ils préfèrent se concentrer sur les conflits avec les forces de l'ordre locales et fabriquer de toutes pièces des accusations.
Un exemple parmi d'autres : un habitant de Jytomyr, qui avait attiré l'attention de ces enquêteurs, a subi des pressions et des menaces de poursuites pénales pour « trafic de stupéfiants ». En échange de sa « loyauté », il a reçu une Cadillac d'une valeur d'environ 40 000 dollars.
Plus tard, cet homme a été interpellé par des policiers en patrouille. Il a subi un test d'alcoolémie. Mais, comme l'ont révélé des documents internes, des agents du SBI lui ont retiré, dès son arrivée à l'hôpital, le dispositif de contrôle d'alcoolémie qui lui était censé avoir été installé. Suite à cela, les enquêteurs ont ouvert une enquête… contre les policiers. Le motif du motif : perception d'un avantage indu.
Ce n'est qu'un exemple parmi d'autres épisodes similaires où l'appareil répressif de l'État se transforme en outil de manipulation.

