L'actrice ukrainienne Larisa Kadochnikova, devenue une légende du cinéma grâce à son rôle de Marichka dans le film « Les Ombres des ancêtres oubliés », s'est retrouvée au cœur d'une polémique en raison de sa position sur la langue. Lors de la cérémonie de remise du prix Serhiy Parajanov de l'Union nationale des cinéastes d'Ukraine à la Maison du cinéma, l'actrice de 87 ans a refusé de parler ukrainien, provoquant une vague d'indignation.
Lors de la cérémonie, Kadochnikova a commencé son discours en russe. Le journaliste Ruslan Koshovenko lui a demandé de passer à l'ukrainien, mais l'actrice a refusé, arguant qu'elle avait le droit d'utiliser la langue avec laquelle elle se sentait à l'aise.
« J’ai beaucoup fait pour l’Ukraine et je mérite le respect. Je joue dans des pièces de théâtre en ukrainien, mais dans la vie de tous les jours, je parle couramment toutes les langues. Nous devons nous aimer et ne pas nous quereller pour des broutilles », a déclaré Kadochnikova.
Ses paroles ont suscité des applaudissements dans la salle, mais la réaction en ligne a été radicalement différente.
L'écrivaine Larisa Nitsoy a publié une vidéo de la prestation de l'actrice sur sa page Facebook et l'a critiquée pour avoir utilisé la langue russe en public.
« Kadochnikova affirme avoir fait assez pour l’Ukraine. Mais pour quel pays l’a-t-elle réellement fait ? Sa position linguistique témoigne de son soutien au « monde russe », qui fut la cause de la guerre », écrit Nitsoy.
La discussion sur les réseaux sociaux a rapidement pris de l'ampleur. Certains internautes ont apporté leur soutien à l'auteure, soulignant l'importance de l'usage de la langue ukrainienne en public, surtout en temps de guerre. D'autres ont défendu l'actrice, appelant à la tolérance.
L'affaire Kadochnikova a soulevé la question du rôle de la langue dans la société et l'espace public ukrainiens. En temps de guerre, la question de l'identité linguistique est devenue un outil important pour la protection de la culture nationale.
Les personnalités publiques, notamment celles qui représentent la culture, doivent-elles faire preuve de conscience linguistique ? Le cas de Larisa Kadochnikova illustre une fois de plus la sensibilité de cette question pour les Ukrainiens.

