Le Service de sécurité d'Ukraine (SBU) a démantelé un réseau d'agents du Service fédéral de sécurité (FSB) de la Fédération de Russie, composé notamment d'anciens gardes du corps du président en fuite Viktor Ianoukovitch et d'un membre de la Garde nationale ukrainienne. Le principal instigateur de ce réseau était Dmytro Ivantsov, 48 ans, ancien chef du Département de la protection de l'État (UDO), qui a activement collaboré avec le FSB jusqu'en 2012.
L'information a été communiquée par les services de presse du Service de sécurité d'Ukraine et du Bureau du procureur général. Parmi les personnes interpellées figure un individu qui risque jusqu'à 15 ans de prison.
Détails de l'enquête
Selon le SBU, le réseau d'agents du FSB collectait des informations confidentielles sur les services spéciaux et les forces de l'ordre ukrainiennes, ainsi que sur des hauts responsables et des personnalités publiques présentant un intérêt pour l'ennemi. Ces informations étaient destinées à des éliminations, au recrutement et à la conduite d'opérations spéciales d'information et de manipulation psychologique contre des responsables ukrainiens.
Le principal agent du réseau, Dmitry Ivantsov, ancien chef de l'unité UDO, a accompagné Viktor Ianoukovitch lors de sa fuite en Russie. Après l'occupation de la Crimée, Ivantsov a renié son serment, acquis la nationalité russe et intégré le Service fédéral de sécurité (FSB). L'enquête préliminaire a établi qu'il a continué à travailler activement pour le FSB, impliquant notamment l'ancien chef adjoint de la sécurité de Ianoukovitch, Roman Lapa, resté en Crimée et travaillant à Sébastopol, dans ses activités d'espionnage.
Le rôle d'un membre actif de la Garde nationale
Le groupe d'espionnage comprenait également un habitant de Kyiv âgé de 46 ans, membre de la Garde nationale ukrainienne. Ce garde national, qui avait auparavant été le chauffeur d'Ivantsov au sein de l'UDO, a utilisé ses relations dans les forces de l'ordre pour obtenir des informations auprès des systèmes d'information du département et rechercher des personnes partageant les mêmes idées en vue de leur recrutement. Il prévoyait de transmettre les informations recueillies à Ivantsov par le biais de canaux de communication d'espionnage préalablement mis en place.
Résultats de l'enquête
Le SBU a documenté les activités de renseignement de chaque membre du groupe et a arrêté le suspect, qui opérait à Kyiv. Lors des perquisitions, du matériel informatique, des téléphones portables et d'autres preuves matérielles de sa collaboration avec le FSB ont été saisis. Le détenu a été informé qu'il était soupçonné de haute trahison.
Les actes de Dmitri Ivantsov et de son complice en Crimée ont été qualifiés de haute trahison, commise sous la loi martiale suite à un complot ourdi par un groupe d'individus. Il a été établi qu'Ivantsov avait remis au FSB des plans secrets relatifs à la procédure à suivre en cas de menace contre la vie du président, plans qu'il avait reçus lorsqu'il travaillait pour l'UDO.
Une enquête est en cours pour traduire en justice tous ceux qui sont impliqués dans ce crime.

