La Haute Cour anticorruption (HACC) a prononcé une mesure conservatoire à l'encontre du directeur de la société ayant développé le système d'information militaire « Dzvin ». Yuri Pastukhov a été libéré sous caution de 2 millions de hryvnias. Le tribunal a rendu sa décision et le prévenu dispose de cinq jours pour verser cette somme, soit directement, soit par l'intermédiaire d'un tiers.
Outre la mise en liberté sous caution, le tribunal a imposé plusieurs obligations à Pastukhov. Il lui est interdit de quitter Kyiv et sa région sans autorisation judiciaire, il doit s'abstenir de tout contact avec les témoins, remettre ses passeports étrangers et porter un bracelet électronique.
L'audience s'est tenue à huis clos à la demande du procureur du Parquet spécialisé anti-corruption (SAP).
Pour rappel, le 19 février, le Bureau national anti-corruption d'Ukraine (NABU) et le SAPO ont annoncé la découverte d'un système de corruption dans le cadre du développement du système de gestion des forces armées ukrainiennes « Dzvin ». Selon l'enquête, l'État a perdu 246 millions de hryvnias à cause de cette fraude.
Ce système, censé être essentiel à la coordination des opérations militaires, s'est révélé inefficace et incompatible avec les systèmes similaires en vigueur dans les États membres de l'OTAN. Parallèlement, malgré les critiques, le ministère de la Défense a continué d'allouer des millions de hryvnias à son développement.
Les journalistes de Bihus.Info et les enquêteurs du NABU ont établi que le projet « Dzvin » avait été utilisé pour détourner des fonds publics.
L'enquête est en cours. La Cour suprême de justice a déjà statué concernant d'autres accusés dans cette affaire. Il est possible que de nouveaux suspects soient mis en examen prochainement.

