Les pays européens étudient activement la possibilité de créer une mission aérienne spéciale baptisée « Bouclier aérien », qui permettrait de protéger l'espace aérien ukrainien des missiles et drones russes sans l'implication formelle de l'OTAN. Ce projet impliquerait le déploiement de 120 avions de chasse des pays de l'Union européenne, chargés de patrouiller l'espace aérien de Kiev et des régions occidentales de l'Ukraine. L'objectif principal est de protéger les populations civiles et les infrastructures critiques, et d'éviter de nouvelles destructions de biens civils.
L'idée de créer un « bouclier aérien » n'est pas nouvelle, mais elle a pris un nouvel élan suite aux récentes déclarations de responsables européens et à la publication de documents pertinents. Selon des experts militaires européens, une telle mesure garantirait la sécurité des villes et des infrastructures critiques, régulièrement ciblées par des attaques russes. Fait intéressant, un document spécifique présenté aux ministères européens de la Défense souligne qu'un tel soutien aurait un impact militaire et politique plus important que le déploiement de 10 000 soldats européens sur le sol ukrainien.
Cependant, le principal obstacle à la mise en œuvre de cette idée demeure la crainte d'un affrontement direct avec la Russie. C'est pourquoi la zone de patrouille est prévue uniquement au-dessus de Kiev et des régions occidentales de l'Ukraine, loin de la ligne de front. Les responsables européens sont convaincus que cela réduira les risques d'incidents et d'escalade du conflit. De son côté, Moscou a déclaré à plusieurs reprises que toute présence d'avions militaires occidentaux dans l'espace aérien ukrainien serait considérée comme une participation européenne directe à la guerre.
Les partisans de l'initiative sont convaincus que le moment est venu d'agir. Selon leurs calculs, les avions de chasse seront capables de contrer efficacement les attaques russes et le risque pour les pilotes sera minime. Parallèlement, au niveau des dirigeants politiques de l'UE, ils soulignent qu'aucune décision n'a encore été prise et que les perspectives de cette initiative seront activement débattues prochainement, notamment lors du sommet européen qui se tient cette semaine.
L’idée d’un « bouclier aérien » est donc à la fois séduisante et complexe : d’une part, elle peut renforcer considérablement les capacités de défense de l’Ukraine et protéger la population civile, et d’autre part, elle comporte le risque d’une nouvelle escalade des tensions avec le Kremlin. L’avenir nous dira si l’Europe est prête à franchir un tel pas.

