Le programme « Contrat 18-24 », lancé par les Forces armées ukrainiennes en février 2024, était censé constituer une nouvelle méthode de recrutement de volontaires. Cependant, après presque trois mois d'activité, les résultats obtenus sont loin d'être à la hauteur des attentes. Selon la BBC, citant des sources au sein de l'état-major des Forces armées ukrainiennes, seulement 400 personnes environ ont signé le contrat depuis le 11 février. Cela représente en moyenne 135 à 140 personnes par mois, un chiffre qui soulève des questions quant à l'efficacité de cette initiative.
Au regard des déclarations ambitieuses du gouvernement, ces chiffres contrastent fortement. En mars dernier, le chef adjoint de cabinet du président, Palis, affirmait que le nombre de signataires avait dépassé les 500. Il s'agissait probablement à la fois de nouveaux volontaires et de personnes ayant déjà prévu de s'engager dans l'armée.
Des journalistes de la BBC se sont entretenus avec les participants à l'émission. Il s'est avéré que tous ceux qu'ils ont interviewés avaient déjà l'intention de s'engager dans l'armée ; autrement dit, le contrat lui-même n'a pas tant motivé de nouvelles recrues qu'il n'a offert de meilleures conditions à ceux qui étaient déjà prêts à servir.
Ces conditions, soit dit en passant, ne sont pas des plus simples : pour percevoir les primes prévues par le programme, les soldats doivent être déployés directement en zone de combat pendant au moins six mois. Cette exigence, selon les analystes, pourrait dissuader les hésitants.
Malgré cela, le programme 18-24 présente plusieurs avantages : il propose un contrat à court terme (18 mois), un soutien financier accru et des garanties sociales. Cependant, il semble que l’incitation financière à elle seule ne suffise pas à compenser les risques liés au travail en première ligne.
Dans le contexte de la campagne de mobilisation annoncée et de l'escalade des tensions au front, le recrutement efficace de nouveaux militaires demeure un enjeu crucial. Le contrat « 18-24 » devrait devenir une alternative volontaire à la mobilisation, mais pour l'instant, ce mécanisme ressemble davantage à une expérience pilote qu'à un programme de recrutement à grande échelle.

