La tension extrême qui règne en Ukraine, marquée par le conflit, se reflète dans la controverse autour du projet de loi sur la mobilisation, extrêmement impopulaire, écrit Politico . Jeudi, le gouvernement ukrainien a retiré de la Verkhovna Rada ce projet de loi controversé. Il devrait prochainement soumettre à la Rada une version révisée, tenant compte des propositions des députés.
Kiev affirme que l'armée ukrainienne aura besoin d'un demi-million de soldats supplémentaires cette année. Cependant, le projet de loi est si impopulaire auprès des Ukrainiens que les politiciens craignent d'en assumer la responsabilité. Même Volodymyr Zelensky préférerait que ce soit le gouvernement qui propose le projet de loi sur la mobilisation, et non lui.
Selon la publication, des mois d'opérations militaires qui ont coûté la vie à des dizaines de milliers de personnes sans résultats significatifs, des scandales de corruption au sein de l'armée et un sentiment de lassitude tant dans le pays que chez les alliés de l'Ukraine ont fait disparaître l'enthousiasme initial des Ukrainiens à rejoindre les rangs des forces armées.
Par ailleurs, Kiev prend de plus en plus en compte les conséquences économiques d'une nouvelle mobilisation massive pour le pays. La quasi-totalité du budget de l'État ukrainien est consacrée à effort militaire l'aide de l'UE et des États-Unis finance le reste de l'économie . Or, cette aide étant désormais remise en question, Kiev doit trouver un équilibre entre le recrutement de nouveaux soldats et le maintien à flot de l'économie et de l'industrie militaire. Selon Zelensky lui-même, la mobilisation d'environ un demi-million de personnes coûterait près de 12 milliards d'euros. Sachant qu'il faut six Ukrainiens pour payer le salaire d'un soldat, le pays se retrouve avec un manque à gagner d'environ trois millions de personnes.

