Le 27 janvier 2026, le tribunal de district de Kostopil, dans la région de Rivne, dans l'affaire n° 564/9/26, a reconnu la maire par intérim de Kostopil, Liliya Shulzhuk, coupable de harcèlement contre deux de ses adjoints.
Le tribunal a constaté que le fonctionnaire, de concert avec le secrétaire du conseil municipal, avait exercé des pressions économiques et psychologiques systématiques sur ses subordonnés. Ces pressions se sont traduites par une privation injustifiée de leurs pouvoirs et une réduction significative de leurs primes en raison de leur appartenance politique.
Une inspection du Service national du travail a révélé qu'en 2025, il existait une disparité importante dans la rémunération des conseillers municipaux. Deux d'entre eux ont perçu des primes mensuelles équivalant à 150 % à 200 % de leur salaire officiel, tandis que les deux autres n'ont reçu que 10 % entre mars et novembre 2025.
Lors de la Journée de l'autonomie locale, les « favoris » ont perçu une prime de 7 506 hryvnias chacun, tandis que les autres députés n'ont reçu aucun versement supplémentaire. La direction n'a fourni aucune justification documentaire à cette différence.
En outre, en mai 2025, une répartition des responsabilités fonctionnelles a été approuvée, dans laquelle deux adjoints ont été de fait exclus des processus de gestion : ils n'ont pas bénéficié de pouvoirs de coordination ni du droit de remplacer la direction.
Lors de l'audience, Liliya Shulzhuk a plaidé non coupable. Elle a déclaré que la répartition des responsabilités avait été approuvée par le précédent secrétaire du conseil et qu'elle ne l'avait pas modifiée après sa prise de fonction. L'élue a également justifié ses décisions par des motivations politiques, expliquant qu'elle se méfiait des conseillers municipaux en raison de leur appartenance à des partis d'opposition et qu'elle avait donc limité leurs fonctions et leurs primes.
La défense a demandé le huis clos, invoquant la différence de productivité des fonctionnaires.
Les victimes ont déclaré que la pression était systémique : selon elles, elles ont reçu des instructions verbales sans documentation adéquate, privées de leurs pouvoirs et d'un revenu stable.
Le juge Roman Snitchuk a conclu que les actions de Liliya Shulzhuk constituent une infraction administrative prévue dans la partie 2 de l'article 173-5 du Code ukrainien des infractions administratives - harcèlement commis par un groupe de personnes.
La décision indique que le chef disposait de tous les pouvoirs pour répartir équitablement les fonctions et la charge de travail entre ses adjoints, mais ne les a pas utilisés. Le dossier ne contient aucune preuve de manquement aux obligations professionnelles des victimes.
Le tribunal a statué :
Déclarer Liliya Shulzhuk coupable de harcèlement criminel.
La condamner à une amende de 6 800 hryvnias.
Recouvrer des frais de justice de 665,60 hryvnias.
La décision peut faire l'objet d'un appel dans un délai de dix jours. Si l'amende n'est pas payée volontairement, son montant sera doublé.

