La Conférence annuelle de Munich sur la sécurité se tient cette année dans un contexte d'impasse diplomatique concernant les efforts visant à mettre fin à la guerre menée par la Russie en Ukraine. Malgré la présence de dizaines de dirigeants mondiaux, les responsables européens n'attendent pas de résultats concrets, mais plutôt de nouvelles déclarations de soutien à Kiev.
Le président ukrainien Volodymyr Zelensky, le secrétaire d'État américain Marco Rubio, le secrétaire général de l'OTAN Mark Rutte, le président français Emmanuel Macron et le Premier ministre britannique Keir Starmer arriveront à l'hôtel Bayerischer Hof. Cependant, selon plusieurs responsables européens, il est difficile d'espérer des accords concrets.
Garanties de sécurité – après la fin de la guerre
Selon des sources proches des responsables européens et américains, les États-Unis ont clairement fait savoir à Kiev qu'ils ne concluraient aucun accord séparé sur les garanties de sécurité tant qu'une fin générale de la guerre entre l'Ukraine et la Russie ne serait pas obtenue.
L'administration Trump a insisté sur le fait qu'elle ne souhaite pas signer un document susceptible de restreindre le champ des négociations ultérieures. Un haut responsable américain, s'exprimant sous couvert d'anonymat, a déclaré que le président américain tenait à s'entendre sur les paramètres essentiels de l'accord avant de procéder à sa signature formelle.
Le principal obstacle demeure la question territoriale. La Russie insiste sur un contrôle total du Donbass, y compris des zones qu'elle ne contrôle pas actuellement. L'Ukraine n'est pas prête à céder les territoires qui restent sous sa juridiction.
Nouvelles réunions – aucun résultat garanti
Les États-Unis, l'Ukraine et la Russie prévoient une nouvelle réunion la semaine prochaine, probablement à Miami ou à Abou Dhabi. Par ailleurs, le précédent cycle de négociations, qui s'est tenu à Abou Dhabi, s'est soldé par un échec.
Les parties ont déjà esquissé les contours d'un éventuel cessez-le-feu et des paramètres d'une zone démilitarisée. Toutefois, les questions de la démarcation des frontières et d'un éventuel déploiement de forces de sécurité occidentales en Ukraine demeurent en suspens.
La ministre lettone des Affaires étrangères, Baiba Braže, a déclaré qu'elle ne constatait actuellement aucun signe de réelle volonté de la Russie de faire la paix. Selon elle, Moscou tente d'obtenir à la table des négociations ce qu'elle n'a pas pu obtenir sur le champ de bataille.
Kyiv insiste sur l'augmentation de la pression
Lors de ses discours à Munich, Volodymyr Zelensky prévoit d'appeler ses partenaires à accroître la pression des sanctions sur la Russie et à renforcer la défense aérienne ukrainienne. Il devrait également aborder la question de l'expansion de la production conjointe d'armements et de nouveaux programmes d'assistance militaire.
La députée ukrainienne Ivanna Klympush-Tsintsadze a souligné que la Russie ne peut être persuadée de faire la paix ; elle ne peut qu'y être contrainte.
Dans le même temps, certains responsables occidentaux estiment que les difficultés économiques de la Russie et les restrictions imposées à ses revenus énergétiques pourraient progressivement accroître la pression sur le Kremlin.
Les négociations sont au point mort
Le député lituanien Gedrimas Jegliškas a constaté que le processus de négociation était dans l'impasse. La Russie refuse la présence de forces de sécurité occidentales en Ukraine et Kiev rejette les demandes de concessions territoriales du Kremlin.
Selon lui, l'Ukraine devra tenir bon jusqu'à ce que la Russie change de position, malgré des conditions difficiles, notamment des attaques hivernales contre les infrastructures énergétiques.
Ainsi, la conférence de Munich de cette année risque davantage de servir de plateforme de coordination des positions des Alliés que de constituer un véritable lieu où un pas concret vers la fin de la guerre sera franchi.

