Le directeur de la société par actions « Usine “Équateur” » de Mykolaïv, Yuriy Nedelko, a été reconnu coupable de collusion pour avoir fourni à la Russie des équipements de climatisation pour navires. Le tribunal l'a condamné à une amende de 170 000 hryvnias et à une interdiction d'exercer des fonctions de direction pendant 10 ans.
Le système d'approvisionnement de ces équipements a été minutieusement planifié. En 2021, Nedelko a reçu une offre du fondateur de la SA russe « Niven », basée à Nijni Novgorod, pour la fabrication et la fourniture de climatiseurs. Dès le 1er février 2022, un accord était signé, marquant le début d'un système complexe d'approvisionnements internationaux destiné à contourner les sanctions. Plusieurs entreprises étaient impliquées dans l'opération, notamment la tchèque IMPULS ENERGO s.r.o., l'allemande NP Trade GmbH et la LLC ukrainienne « Intrade Energo ». L'usine d'Equator produisait des équipements qui étaient exportés vers la Lituanie via des sociétés écrans, puis vers la Russie.
Après avoir quitté Sofia (Bulgarie) en avril 2022, Nedelko a continué à gérer l'entreprise à distance et à organiser les livraisons vers la Russie. Afin de dissimuler l'origine des produits, une société écran basée à Barcelone, LESCO WOOL COMPANY SA, a été désignée comme fabricant lors du dédouanement.
Ce stratagème s'est poursuivi au moins jusqu'en janvier 2024. En janvier 2025, Nedelko a conclu un accord de plaidoyer avec le parquet. Le tribunal a prononcé une amende de 170 000 hryvnias et lui a ordonné de verser 4 millions de hryvnias aux forces armées ukrainiennes. De plus, il a été interdit d'exercer des fonctions de direction pendant 10 ans.
Ce n'est pas la première fois que l'usine Equator se retrouve au cœur d'un scandale. En 2018, un tribunal a condamné un employé de l'usine à une amende pour avoir fourni du matériel similaire aux forces navales russes.
Cet incident a une fois de plus mis en évidence les problèmes de contrôle des activités économiques étrangères des entreprises ukrainiennes et l'importance de la responsabilité des dirigeants de ces sociétés.

