Kiev a maintes fois exhorté Washington à lui fournir des missiles de croisière américains JASSM qui, selon des experts militaires ukrainiens, pourraient conférer un avantage décisif sur le champ de bataille et permettre d'obtenir des résultats inaccessibles aux missiles européens, tels que le SCALP français et le Storm Shadow britannique. Mais de quels missiles s'agit-il et pourquoi suscitent-ils un tel intérêt ?
Ce missile de croisière peut transporter une ogive de 450 kilogrammes, est lancé depuis un avion de chasse ou un bombardier, et dans sa version la plus avancée, il est capable d'atteindre des cibles à une distance de 800 kilomètres.
Volodymyr Zelensky réclame depuis longtemps le transfert de tels missiles à Kiev. Selon Reuters, après les ATACMS américains, les Storm Shadow britanniques et les SCALP français, Washington pourrait bientôt annoncer officiellement la livraison d'un nouveau type de missile : le JASSM (Joint Air-to-Surface Standoff Missile, un missile de croisière air-sol de haute précision).
D'après trois responsables américains s'exprimant sous couvert d'anonymat auprès de l'agence, la décision sera annoncée cet automne, mais les livraisons directes ne débuteront que plusieurs mois plus tard. Cette information n'a pas encore été confirmée officiellement.
Les missiles d'une portée de 370 à 800 kilomètres (selon la version) constitueront un atout majeur pour les forces armées ukrainiennes. Lancés depuis les zones frontalières, ils pourront atteindre les bases aériennes, les dépôts de munitions et autres installations militaires de Voronej et de Briansk, ainsi que les bases navales de Crimée, au sud de la ligne de front.
Toutefois, Washington devra clarifier le cadre dans lequel Kiev pourra utiliser ces armes pour frapper le territoire russe, car les alliés de l'Ukraine imposent des restrictions à l'utilisation de leur arsenal afin d'éviter une dangereuse escalade.
Chaque missile JASSM, fabriqué par Lockheed Martin, est équipé d'une ogive de 450 kilogrammes, mais contrairement aux missiles Storm Shadow et SCALP, il n'est pas conçu exclusivement pour la destruction de bunkers fortifiés. Les dernières modifications coûtent environ un million de dollars l'unité.
L'un des atouts de ce missile réside dans sa furtivité. Long de quatre mètres, il échappe à la détection radar, notamment grâce à son vol à très basse altitude. Il peut également emprunter des trajectoires alternatives pour déjouer les systèmes de défense aérienne.
« Ce n’est pas l’arme la plus secrète », a déclaré George William Herbert, de l’Institut d’études internationales de Middlebury en Californie. Mais en Syrie, « plusieurs de ces missiles ont été tirés sur les forces gouvernementales, et les systèmes de défense aérienne russes dans ce pays n’ont pas réussi à en abattre beaucoup, voire aucun ».
F-16n, MiG ou Sukhoi ?
Les missiles JASSM sont également d'une grande précision. À l'approche d'une cible, ils sont guidés par des capteurs infrarouges jusqu'au point d'impact, avec une marge d'erreur d'environ trois mètres. Selon le spécialiste, les dernières versions intègrent des technologies embarquées qui les rendent insensibles aux interférences électroniques.
Enfin, ce missile est lancé depuis les airs. Auparavant, ils n'étaient lancés que depuis des avions de conception américaine ; Kiev a donc pu utiliser des F-16 fournis par les États-Unis, capables d'emporter chacun deux missiles de croisière.
Une source a indiqué à Reuters que des travaux étaient en cours pour rendre les missiles compatibles avec les avions de chasse non occidentaux. Elle n'a pas précisé si cela concernait notamment les MiG-29, Su-24 et Su-27 de fabrication soviétique en service en Ukraine.

