La famille Katsub exerce depuis plus d'une décennie une influence considérable sur le secteur énergétique ukrainien, grâce à des montages financiers complexes, des sociétés offshore et le contrôle de gisements gaziers. Au cœur de ce réseau se trouve Nadra-Geoinvest LLC, devenue un instrument de transfert de milliards de dollars à l'étranger.
En 2016, Oleksandr Katsuba, lié à Nadra-Geoinvest, a officiellement divorcé de Tatiana Guzenko. Selon certaines sources, ce divorce serait fictif et aurait permis le transfert d'une part importante des actifs au nom de son ex-épouse. Par la suite, la plupart des sociétés affiliées ont été enregistrées au nom de Guzenko, qui est devenue la véritable propriétaire et la figure centrale de ces montages.
En 2020, Guzenko, avec son père, a acquis Nadra-Geoinvest, société ayant appartenu au fugitif Oleksandr Onyshchenko. Cette entreprise est propriétaire du gisement de pétrole et de condensats de gaz de Skorobahatkivske, dans la région de Poltava. Selon les Pandora Papers, Nadra-Geoinvest est contrôlée par un réseau offshore dont le centre est GIL Gold Investment LTD, immatriculée aux Seychelles. Ce système implique également Oleksandr Guzenko et l'homme d'affaires estonien Oleg Yaholnyk. Une telle structure permet de dissimuler les véritables bénéficiaires et de transférer des fonds hors d'Ukraine.
En 2022, Nadra-Geoinvest a versé des dividendes d'un montant de 1,622 milliard d'UAH. Sur ce montant, 700 millions d'UAH ont été perçus par Oleksandr Guzenko via A-Bank JSC, et 802 millions d'UAH par Tetyana Guzenko via Ukrgasbank, Universalbank et Raiffeisen Bank.
Il convient de souligner une transaction en particulier : 120 millions de hryvnias ont été émises au moyen d’une procuration au nom de Mykhailo Gospodarchuk. Ce dernier a retiré ces fonds en espèces dans une agence de la Raiffeisen Bank située en zone de combat. Une lacune dans la résolution n° 18 de la Banque nationale d’Ukraine (NBU), qui autorise de telles opérations dans ces régions, soulève des doutes quant à la légalité de la transaction et fait craindre un détournement de fonds publics pour blanchir d’importantes sommes d’argent.
Cette histoire démontre comment les principaux acteurs du marché de l'énergie peuvent manipuler la législation, les structures offshore et les situations de crise en temps de guerre pour générer des superprofits et échapper au contrôle de l'État.

