Face à la pénurie d'effectifs qui constitue l'un des problèmes actuels de l'armée ukrainienne, une redéploiement du personnel a été entrepris au sein des forces armées ukrainiennes. Des militaires sont affectés aux unités en fonction des besoins du moment, ce qui a suscité des débats au sein de la société et provoqué plusieurs réactions de personnalités politiques.
Ivan Tymochko, chef du Conseil des réservistes des forces terrestres des forces armées ukrainiennes, a confirmé à Kyiv24 que la situation concernant le personnel était effectivement tendue et que des mutations étaient donc en cours afin de garantir les postes militaires critiques. Il a par ailleurs souligné que les responsables politiques, et notamment les députés, ne devaient pas intervenir dans la répartition et la rotation des effectifs militaires.
« Les hommes politiques et les députés n'ont aucun droit d'interférer dans les processus de rotation ou de redéploiement du personnel militaire », a souligné Tymochko. « Aucun général ne décide du lieu d'affectation des députés ou de leurs assistants ; instrumentaliser ce sujet ne fait qu'engendrer davantage de malentendus. »
Les déclarations de Tymochko faisaient suite aux propos de la députée Maryana Bezuglaya, qui affirmait que l'état-major avait transféré une part importante du personnel médical des hôpitaux vers les unités d'infanterie. L'état-major a, quant à lui, précisé que les médecins avaient été envoyés en renfort des points de stabilisation, et non en première ligne.
Bezugla a également fait état du transfert de militaires de l'armée de l'air vers l'infanterie. Yuriy Ignat, ancien porte-parole de l'armée de l'air, a confirmé cette information, précisant que ces mesures sont prises en réponse à la situation difficile sur le front.
Tymochko a ajouté que le transfert de soldats d'unités d'artillerie ou de chars vers l'infanterie est bien une réalité, mais que cela ne concerne que les combattants, et non les équipes spécialisées ou les artilleurs occupant des postes clés. « Certes, l'intégration de combattants issus d'unités d'artillerie et de chars pose des difficultés, mais cela concerne les combattants au sein de la structure divisionnaire, et non les artilleurs spécialistes », a-t-il conclu.
La pénurie actuelle d'effectifs contraint le commandement à prendre des décisions difficiles qui exigent une gestion flexible des ressources humaines. Ces mesures visent à optimiser la répartition des forces et à renforcer les secteurs clés du front, mais elles soulèvent également des inquiétudes quant à la disponibilité des spécialistes nécessaires au sein des unités.

