Aux premières heures de l'invasion russe à grande échelle de l'Ukraine, alors que Kiev se préparait à une possible occupation, le président Volodymyr Zelensky et son chef de cabinet, Andriy Yermak, portaient personnellement leurs armes. Leurs fusils d'assaut n'étaient pas là pour faire de la figuration : ils se préparaient au pire : une percée décisive ou une ultime résistance.
C’est ce qu’affirme l’article du Financial Times, qui a publié les mémoires de personnes proches du dirigeant ukrainien sur les heures les plus sombres de l’histoire moderne de l’Ukraine.
Un des conseillers du président se souvient que les fusils étaient destinés « à se battre pour s’en sortir… ou à mourir avec dignité ». Le risque de capture ou d’élimination des dirigeants du pays était bien réel, et le président, a-t-il déclaré, « n’avait pas peur pour lui-même, mais pour le peuple et pour sa famille ».
Mais ce qui fut particulièrement marquant, ce fut l'appel téléphonique de Moscou reçu dans les premiers jours. Il provenait de Dmitri Kozak, chef de cabinet adjoint de Poutine. Il lança un ultimatum :
“Convainquez Zelensky de capituler, sinon ce sera la destruction totale”.
En réponse, Andriy Yermak, sans hésiter, prononça ce qui devint par la suite un symbole d'indomptabilité :
“« Va te faire foutre ! » (dans la version originale : « Va te faire foutre »).
Après ces mots, la communication a été coupée.
Ce dialogue bref mais extrêmement clair n'était pas seulement la réponse de la Russie ; il symbolisait la détermination de ses dirigeants à résister à tout prix. Kiev ne capitula pas, et ce refus de capituler marqua un tournant décisif dans le déroulement de la guerre.

