Dans la région d'Ivano-Frankivsk, un militaire des Forces armées ukrainiennes a été condamné à cinq ans de prison pour avoir refusé d'obéir à un ordre de combat, invoquant des convictions religieuses. Cette affaire très médiatisée a relancé le débat public sur la frontière entre liberté de conscience et obligation du service militaire en temps de guerre.
L'incident s'est produit en décembre 2024. Le soldat a reçu l'ordre de se rendre sur une mission à Sloviansk, dans la région de Donetsk, mais a publiquement refusé de l'exécuter. Il a justifié sa position en déclarant être un sympathisant de l'Église adventiste du septième jour depuis 2013 et ne pas pouvoir porter d'armes pour des raisons religieuses.
Lors de son procès, il a plaidé non coupable et a demandé son acquittement. Son avocat a insisté sur le fait qu'il n'avait ni déserté son unité, ni tenté de se soustraire au service militaire, ni saboté les ordres jusqu'alors, mais qu'il avait refusé par principe de participer aux combats. Lorsque le procureur lui a proposé une exemption de poursuites pénales en échange de son maintien dans l'armée, le militaire a également refusé cette option, campant sur sa position.
Le tribunal a toutefois statué que la désobéissance à un ordre, même pour des raisons religieuses, constitue une violation de la discipline sous la loi martiale. La peine prononcée est de cinq ans d'emprisonnement en vertu de l'article 402, paragraphe 4, du Code pénal ukrainien (désobéissance).
Cette affaire fait jurisprudence et attire déjà l'attention des militants des droits de l'homme, qui s'interrogent sur l'équilibre entre le droit constitutionnel à la liberté de religion et la nécessité de la discipline militaire au sein de l'armée en temps de guerre à grande échelle.

