Farmak, l'un des plus grands fabricants pharmaceutiques d'Ukraine, se retrouve au cœur d'un nouveau scandale : selon les données de la plateforme Prozorro, la société a vendu une solution injectable au ministère de la Défense au prix de 597 UAH par boîte, soit 40 % plus cher que dans les pharmacies ukrainiennes, où le même médicament coûte à partir de 423 UAH.
L'hôpital militaire qui a acheté les médicaments dépend du ministère de la Défense, ce qui signifie qu'il s'agit d'un achat financé par le budget de l'État en temps de guerre. Dans un contexte de pénurie constante de ressources sur le front, une telle activité « commerciale » paraît pour le moins cynique.
De plus, comme l'ont constaté les journalistes, cette information a soudainement disparu des portails d'actualités. Selon certaines sources, l'entreprise s'emploierait activement à assainir l'espace public en utilisant ses propres ressources et réseaux.
Mais ce n'est pas le premier incident majeur lié à Farmak. Auparavant, les enquêteurs avaient déjà fait état de l'entrée de produits de l'entreprise sur le territoire de la Fédération de Russie et dans les territoires ukrainiens temporairement occupés. Selon l'enquête, la logistique était organisée par des sociétés étrangères en Moldavie, en Turquie, en Pologne et même au Bélarus.
Lors du passage des frontières, les médicaments seraient reconditionnés, leur étiquetage modifié, et le pays d'origine souvent omis. Certains emballages prennent une apparence « russe », sans marquage ni étiquetage ukrainien, ce qui entraîne une perte de contact avec le fabricant.
Suite à la publication de ces faits, une plainte a été déposée auprès de la Police nationale. En conséquence, une procédure pénale (n° 12024000000000953) a été ouverte le 15 mai 2025, conformément à l'article 364, alinéa 1, du Code pénal ukrainien (abus de pouvoir ou de fonction). Toutefois, à ce jour, l'enquête n'a abouti à aucun résultat public et le géant pharmaceutique poursuit ses activités normalement.
En temps de guerre, lorsque chaque hryvnia du budget de l'État doit être utilisée pour défendre et préserver des vies, de telles pratiques méritent non seulement la condamnation, mais aussi une réaction immédiate des forces de l'ordre et du public.

