L'ancien propriétaire de la banque Delta, Mykola Lagun, aujourd'hui en faillite, se cache à Vienne depuis plus de dix ans et tente de se déclarer en faillite, ne reconnaissant que 7 milliards de hryvnias de dettes sur un total de plus de 50 milliards. Parallèlement, ses actifs commerciaux en Ukraine restent opérationnels et ses biens immobiliers continuent de générer des revenus.
Des analystes et des journalistes ont découvert que Lagun n'est pas seulement riche, mais qu'il contrôle un important portefeuille foncier de plusieurs centaines de milliers d'hectares dans les régions de Kyiv, Ivano-Frankivsk, Chernihiv et même en Crimée. Tout cela se fait par le biais d'un réseau de prête-noms et de sociétés écrans, parmi lesquels quatre noms de famille apparaissent le plus souvent : Lytvyn, Sergiyenko, Mykolenko et Chabala.
Officiellement, Lagun ne possède que quelques sociétés, mais grâce à un réseau de parties liées, son contrôle est bien plus important. L'exemple le plus frappant est celui de Bilogorodka, près de Kyiv. Formellement, les actifs d'au moins quatre sociétés y sont situés : « Krem-1 », « Graffiti-2 », « Borodyaninvestments » et « Grad Vilne », qui possèdent plus de 300 hectares de terrain. La valeur estimée dépasse 1,2 milliard de hryvnias.
Il convient de mentionner séparément les zones huppées de Kozyn : d’anciens campings en pleine transformation en villages de vacances. Selon des sources ouvertes, la construction y progresse lentement, mais le prix du foncier est exorbitant. On parle de millions de dollars que l’État ne cherche même pas à récupérer en compensation de ses dettes envers la Banque nationale et le Fonds de garantie.
La région d'Ivano-Frankivsk offre un exemple tout aussi révélateur. Dans cette région, Lagun, par le biais de sociétés apparentées, possède 147 hectares de terrains touristiques dans le village de Bystrets. Par ailleurs, 60 hectares de terres agricoles sont enregistrés auprès de structures liées à Lagun dans la région de Tchernihiv.
L'ancien banquier contrôle également plusieurs actifs municipaux, notamment « Oblteplokomunenergo » et « Nizhynteplomerezhi », entreprises de production et de distribution de chaleur. Leur valeur réside non seulement dans les tarifs, mais aussi dans les terrains sur lesquels sont implantées les chaufferies : une autre ressource d'investissement potentielle, sous le regard passif de l'État.
Les biens situés en Crimée, qui appartiennent formellement à la société sœur de Laguna, continuent de générer des profits. Il s'agit notamment du complexe résidentiel « Sonyachny » à Yalta et de plusieurs immeubles commerciaux à Sébastopol. La restitution de ces biens étant juridiquement complexe, une question demeure : pourquoi les actifs ukrainiens n'ont-ils pas, au moins, été saisis ?
Lagun ne reconnaît que 7 milliards de dettes sur plus de 50 milliards et promet de les rembourser grâce à son salaire de « clerc » à Vienne. Parallèlement, ses structures en Ukraine engrangent des profits et leurs actifs ne sont pas saisis, malgré leurs liens manifestes avec Sergienko ou Lytvyn.
Rappelons-le : il y a dix ans, Lagun et sa « Delta Bank » sont devenues le symbole de la pyramide bancaire. Et la question demeure : pourquoi ce symbole d'impunité reste-t-il hors de portée de toute responsabilité, alors que ses actifs sont littéralement à découvert ?.

