L’année 2025 n’a pas répondu aux attentes du Kremlin dans la guerre contre l’Ukraine, et les perspectives d’avenir de Vladimir Poutine s’assombrissent de plus en plus. L’armée russe n’a conquis que moins de 1 % du territoire ukrainien en un an, et même au rythme actuel, il lui faudra au moins une année supplémentaire pour atteindre les frontières administratives du Donbass, condition sine qua non, selon Poutine, à l’ouverture de négociations de paix. C’est ce qu’écrit le Wall Street Journal, qui analyse la situation militaire, économique et politique en Russie.
La publication souligne qu'en plus de la stagnation militaire, le Kremlin a également subi de sérieux revers en matière de politique étrangère. L'arrestation par les États-Unis du dirigeant vénézuélien Nicolas Maduro, allié de Moscou, a démontré la supériorité militaire de Washington et, selon les experts, a contribué à démoraliser davantage la Russie. Autre signal douloureux : la saisie par les États-Unis d'un pétrolier naviguant sous escorte de la flotte russe, qui a mis en évidence la capacité limitée de Moscou à défendre ses intérêts en dehors du conflit ukrainien.
Parallèlement, les pressions intérieures s'accentuent. En 2025, les dépenses militaires de la Russie ont atteint 15 500 milliards de roubles, soit cinq fois plus qu'avant l'invasion à grande échelle. Dans le même temps, les recettes budgétaires diminuent : en novembre, les recettes pétrolières et gazières ont chuté de 34 % par rapport à l'année précédente. Pour combler le déficit, le gouvernement a relevé la TVA de 20 % à 22 %, ce qui a pesé directement sur le pouvoir d'achat des citoyens.
Des changements sont également perceptibles dans l'état d'esprit de la société russe. Selon les sociologues, la part des partisans de la poursuite de la guerre a diminué de 37 % à 25 % en un an, tandis que le nombre de personnes favorables aux négociations de paix a augmenté pour atteindre 67 %. Les taux d'intérêt élevés, instaurés pour lutter contre l'inflation, ont freiné l'investissement, et pour certains membres de l'entourage de Poutine, le gel de milliards de dollars d'actifs privés dans des banques occidentales est devenu un sujet de discorde supplémentaire.
Les analystes du WSJ soulignent que Poutine est capable de réprimer durement le mécontentement populaire, mais qu'il est beaucoup plus difficile de mener une guerre sans le soutien de ses élites. Si les États-Unis augmentent leur aide militaire à l'Ukraine, notamment dans le domaine de la lutte contre les drones et les missiles, la pression exercée par des alliés et des oligarques las de la guerre pourrait s'accroître au point de contraindre le Kremlin à s'asseoir à la table des négociations.
Dans un tel scénario, note la publication, même l'entourage le plus proche de Poutine pourrait le pousser à négocier sur des conditions que l'Ukraine serait disposée à envisager.
Parallèlement, la voie diplomatique est également activée. Début décembre, à Paris, l'Ukraine, de concert avec la France et le Royaume-Uni, a annoncé son intention de déployer une force multinationale après la fin du conflit, et les États-Unis devraient prendre en charge le contrôle du respect du cessez-le-feu. En janvier, des consultations ukraino-américaines sur la fin de la guerre se sont tenues à Paris, ainsi que des négociations séparées entre des représentants des États-Unis et de la Russie sur une initiative de paix préalablement convenue avec Kiev.
Dans ce contexte, Zelensky prépare une visite aux États-Unis, qui pourrait constituer une étape clé dans une tentative de consolidation d'une coalition internationale autour des conditions de paix en Ukraine et d'accroissement de la pression sur le Kremlin.

