Le bureau du président ukrainien entame des discussions sur la possibilité d'instaurer un enregistrement étatique des chaînes Telegram, notamment celles qui exercent des fonctions médiatiques ou qui ont une influence informationnelle significative. C'est ce qu'a déclaré le chef de cabinet du président, Kyrylo Budanov, en soulignant qu'il s'agit d'une question de transparence et de responsabilité quant au contenu.
Budanov a fait remarquer : « Je ne suis pas contre les chaînes Telegram, mais, excusez-moi, enregistrez votre chaîne, indiquez qui la gère et assumez la responsabilité du contenu que vous y publiez. Si vous souhaitez une chaîne anonyme, qui est en réalité un média classique utilisé pour des activités subversives ou du recrutement, c’est un tout autre problème. ».
L'initiative d'enregistrer les chaînes de messagerie a vu le jour dans un contexte de dégradation de la situation sécuritaire en Ukraine et de nombreuses attaques contre les forces de l'ordre. Des propositions ont déjà été formulées publiquement pour restreindre les activités de Telegram ou renforcer le contrôle de la plateforme.
En particulier, la tendance à des mesures plus strictes a été exprimée par la chef adjointe du Bureau du président, Iryna Vereshchuk, qui a souligné les risques liés à l'utilisation de canaux anonymes pour coordonner des activités hostiles et déstabiliser le pays.
L'enregistrement étatique proposé concernerait les chaînes considérées comme des médias de masse classiques, c'est-à-dire celles qui publient régulièrement des actualités, des analyses et d'autres contenus informationnels ayant un large écho auprès du public. Il ne s'agit pas d'interdire Telegram en tant que plateforme, mais de mettre en place un mécanisme de transparence et d'identification des auteurs et des administrateurs de ces ressources.
Aucune initiative législative officielle n'a encore été présentée sur ce sujet, mais on s'attend à ce qu'il prenne de l'ampleur politique prochainement. Les experts soulignent que les principaux défis résideront dans l'équilibre entre la liberté d'expression et la sécurité de l'information, ainsi que dans la définition de critères clairs d'enregistrement.

