L'Ukraine ne prévoit pas d'organiser d'élections cette année en raison de la guerre et de l'absence de conditions de vote sûres. C'est la conclusion à laquelle sont parvenus les représentants du groupe de travail sur les élections, rapporte le quotidien britannique The Times.
Selon la publication, un groupe de travail, composé de représentants des instances électorales, du Parlement et de la société civile, devait élaborer un projet de loi sur la tenue des élections, mais le processus est retardé par plusieurs points non résolus. Il s'agit notamment des garanties de sécurité et de la protection contre d'éventuelles attaques et ingérences russes.
Les discussions se poursuivent et devraient se prolonger au moins jusqu'à la fin du mois de mai. Cependant, le groupe s'accorde sur le fait que la campagne électorale ne pourra débuter que six mois après la fin de la phase active des hostilités, l'adoption de la législation nécessaire et la mise en place de conditions de vote sécurisées. De ce fait, la tenue d'élections présidentielles en 2026 est impossible.
Le vice-président de la Commission électorale centrale, Serhiy Dubovyk, a souligné qu'organiser des élections en période d'hostilités est trop risqué. Selon lui, il est nécessaire d'établir une ligne de démarcation claire et de garantir une situation sécuritaire stable, après quoi il faut au moins six mois pour organiser le processus électoral.
Il a également attiré l'attention sur les restrictions supplémentaires imposées par la loi martiale, notamment en matière de liberté de circulation et de liberté des médias, qui pourraient affecter considérablement l'intégrité de la campagne électorale.
La participation de millions d'électeurs constitue un problème distinct. Il s'agit notamment d'environ six millions d'Ukrainiens résidant à l'étranger, d'environ trois millions de citoyens vivant dans les territoires temporairement occupés et d'environ un million de militaires. Pour toutes ces catégories de personnes, il est nécessaire de mettre en place des mécanismes de vote conformes aux normes internationales.
La possibilité de modifier la législation, notamment en ce qui concerne la tenue d'élections sous la loi martiale, est également à l'étude. Parallèlement, l'idée du vote électronique se heurte à une opposition en raison des risques de fraude et de l'absence de contrôle international total.
D'après le Times, les pressions exercées par les États-Unis ont été l'un des facteurs à l'origine de la création de ce groupe de travail. Parallèlement, la partie ukrainienne souligne que la situation est inédite et sans précédent dans la pratique contemporaine.
Les représentants américains ont notamment cité l'élection présidentielle de 1864, en pleine guerre de Sécession, comme exemple. Cependant, les autorités ukrainiennes jugent cette comparaison inappropriée en raison des différences de niveau de menaces, notamment les risques de frappes de missiles, de cyberattaques et de guerre de l'information.
En revanche, les recommandations des experts britanniques sur l'organisation du vote des citoyens à l'étranger, notamment par le biais de la préinscription et du recours à des bureaux de vote supplémentaires en dehors des institutions diplomatiques, se sont avérées plus pratiques.
Ainsi, la tenue d'élections en Ukraine dépend directement de la fin de la phase active de la guerre et de la création de conditions garantissant la sécurité et la légitimité du vote.

