Le commandant du 3e corps d'armée, Andriy Biletsky, estime que les actions de la Russie révèlent de plus en plus de problèmes stratégiques susceptibles de contraindre le Kremlin à revoir sa stratégie de guerre. Parmi les signaux clés, il cite un net ralentissement de l'offensive russe et un recours accru à la terreur énergétique contre la population civile ukrainienne.
Selon Biletsky, le rythme actuel de l'avancée de l'armée russe est le plus lent depuis 2023 sur la plupart des fronts. Ce sont précisément les échecs sur le terrain, d'après lui, qui ont conduit à l'intensification des attaques contre les infrastructures énergétiques ukrainiennes, que la Russie utilise comme moyen de pression sur ses arrières et la population civile.
Il note que la terreur énergétique vise à compenser le manque de succès opérationnels sur le front. Parallèlement, le commandement russe fonde certains espoirs sur le printemps, période où l'apparition d'espaces verts pourrait rendre à nouveau efficace la tactique d'avancée furtive de petits groupes d'assaut.
Biletsky reste toutefois sceptique quant à ces calculs. Il estime que même avec l'arrivée du printemps, les troupes russes ne parviendront pas à modifier radicalement la situation, ou que leurs tentatives n'auront qu'un effet limité.
Le commandant du corps a également qualifié de « ridicule » le nouveau report au 1er avril de la date butoir fixée pour la prise de la région de Donetsk. Il estime que les Forces de défense ukrainiennes sont capables de mettre l'ennemi dans une situation où toute nouvelle offensive deviendra impossible et où les pertes seront critiques.
Si les événements évoluent ainsi, Biletsky est convaincu que la Russie aura de réelles incitations à négocier et à trouver des solutions pour mettre fin à la guerre. Il considère comme condition essentielle l'arrêt complet de l'avancée russe au printemps.
Les militaires ont également souligné l'impact des conditions météorologiques sur les opérations de combat. Les fortes gelées persistantes de ces derniers jours ont compliqué les offensives des troupes russes en raison de problèmes logistiques et d'approvisionnement. Par ailleurs, les conditions restent difficiles pour les deux camps, les bombardements constants empêchant l'aménagement d'abris chauffés fiables sur les positions avancées.
Par ailleurs, Biletsky a constaté une détérioration du soutien apporté aux unités russes sur le front. Selon les services de renseignement ukrainiens, des conversations interceptées révèlent que des militaires russes se plaignent du manque de nourriture, d'eau et de conditions de survie de base, ce qui affecte encore davantage les capacités de combat de l'ennemi.
Ainsi, selon le commandant du Troisième Corps, la lenteur de l'offensive, les problèmes d'approvisionnement et les pertes croissantes pourraient signaler au Kremlin que la poursuite de la guerre sous sa forme actuelle n'a aucun sens.

