Le département régional de Poltava du Bureau d'enquête d'État (SBI) a ouvert une enquête pénale contre 28 commandants des forces armées ukrainiennes, accusés de négligence ayant permis la prise de dix villages de la région de Kharkiv par les troupes russes. L'enquête a notamment permis la saisie de plusieurs documents militaires confidentiels.
Selon l'enquête préliminaire, le 10 mai 2024, dans la zone des localités de Strelka, Krasne, Borisovka et Pylnye, dans le district de Kharkiv, et de Hatishche, dans la région de Tchougouïv, ainsi que dans d'autres localités de la région de Kharkiv (le long de la frontière entre l'Ukraine et la Fédération de Russie), lors des opérations d'assaut de l'armée russe, des unités des Forces armées ukrainiennes ont abandonné leurs positions de combat. Il s'agissait d'unités de la taille d'une compagnie, appartenant au premier échelon de défense. Face à cette situation exceptionnelle, l'offensive russe a dû être repoussée par les forces du deuxième échelon de défense.
Selon l'enquête, le commandement de la 125e brigade et de ses unités subordonnées, notamment le 415e bataillon d'infanterie, la 23e brigade mécanisée et le 172e bataillon d'infanterie, aurait manqué à son devoir d'organiser correctement la défense des positions à la frontière entre la région de Kharkiv et la Fédération de Russie, ce qui aurait entraîné des pertes en matériel et en personnel. Au total, 28 militaires (commandant du groupe opérationnel et tactique, commandant de brigade, commandants de bataillon, commandants de compagnie, chef du service de renseignement de l'état-major) sont visés par l'enquête menée par le Bureau d'enquête d'État.

