La question de la taxation des colis en provenance de l'étranger, et notamment l'éventuelle réduction ou suppression du seuil d'exonération de 150 euros, demeure complexe et exige une approche équilibrée. C'est ce qu'a déclaré Lesya Karnaukh, directrice du Service national des impôts, en commentant les débats relatifs aux importations.
Selon elle, la question de la taxation des colis est au cœur des préoccupations de l'État, notamment dans le cadre de la coopération avec les partenaires internationaux et de la nécessité de renflouer les caisses de l'État. Elle a souligné que les impôts sont essentiels au financement de la défense nationale et aux besoins des forces armées. Par ailleurs, l'exemption actuelle pour les colis importés est cruciale pour les volontaires et les fabricants de drones, car une part importante des composants n'est pas produite en Ukraine et doit donc être importée.
La directrice du service des impôts a souligné que l'avantage instauré était justifié en temps de guerre et qu'il est toujours largement utilisé. Elle a toutefois reconnu que certaines entreprises avaient recours à des montages frauduleux, comme le fractionnement ou la sous-évaluation du coût des colis, ce qui crée une situation de concurrence déloyale. Selon elle, il s'agit d'un problème auquel les industriels ukrainiens sont régulièrement confrontés.
Les représentants des entreprises soulignent qu'il est difficile pour les entreprises nationales de concurrencer les produits importés, notamment ceux en provenance de Chine, qui bénéficient en réalité d'un avantage fiscal supplémentaire en raison des règles d'importation actuelles.
Le Service des impôts de l'État souligne que toute décision relative à la suppression ou à la restriction d'avantages sociaux doit être prise après une analyse approfondie de chaque cas particulier. Selon M. Karnauch, pour les besoins de la défense, des exceptions similaires à celles déjà appliquées dans le cadre de régimes spéciaux pour certains secteurs d'activité devraient être envisagées. Toutefois, le recours à des avantages sociaux pour minimiser les impôts ou créer des avantages non concurrentiels requiert une réglementation législative.
Concernant l'éventualité d'une taxation des petits colis d'une valeur de 5 à 10 dollars, le directeur du Service national des impôts a indiqué que le maintien du seuil d'exonération fiscale pour les envois personnels à 45 euros est actuellement à l'étude. Dans ce cas, tous les colis importés seront placés sous contrôle douanier et probablement soumis à la procédure de déclaration.
Elle a précisé que le mécanisme définitif n'est pas encore en place. À ce stade, la mission du service des impôts est de veiller à ce que les marchandises dédouanées se trouvant sur le territoire douanier ukrainien soient correctement comptabilisées par les entreprises, reflétées dans leur comptabilité et intégrées à leurs résultats financiers.

