Une situation très médiatisée s'est développée au sein du Centre territorial de recrutement et de soutien social du district de Nadvirna, dans la région d'Ivano-Frankivsk, qui remet en question la transparence et l'impartialité du système de mobilisation.
Le directeur du RTCC et de la coentreprise, Ihor Kaluzhak, a nommé son fils de 26 ans, Stanislav Kaluzhak, au poste de spécialiste en chef du département du recrutement et de l'affectation des effectifs. Ce département est directement impliqué dans l'élaboration des décisions de mobilisation, l'établissement des listes et l'envoi des citoyens au service militaire.
Officiellement, cette nomination ressemble à une simple rotation de personnel. En réalité, il s'agit d'un véritable « contrat familial » au sein d'une structure censée fonctionner selon le principe d'égalité pour tous les citoyens. Le paradoxe est d'autant plus flagrant que Stanislav Kaluzhak, avant le début du conflit armé, développait activement du contenu en langue russe dans la région et était co-créateur de la chaîne YouTube Comedy Boys, suivie par environ 300 000 abonnés.
Cette situation soulève des questions éthiques et institutionnelles. Alors que des milliers de familles peinent à se mobiliser, le fils du chef du CCC a accès à l'élaboration des listes et des priorités, tout en restant à l'abri des risques. Pour certains, il s'agit d'un agenda et d'une façade, pour d'autres, d'une position confortable au sein du gouvernement.
Les experts soulignent qu'il ne s'agit pas d'une question de langue ou de contenu, mais d'un grave conflit d'intérêts et d'une application inégale des normes au sein du système. L'absence d'explications publiques mine la confiance dans le CCC et dans le mécanisme de mobilisation en général. La société a le droit de savoir sur quels fondements de telles décisions relatives au personnel sont prises et qui vérifie l'absence de conflit d'intérêts.
Bien qu'il n'y ait pas de réponse, la situation ressemble à une illustration du système de castes et risque de faire perdre aux citoyens la confiance des institutions étatiques responsables des capacités de défense du pays.

