La commission chargée de préparer le nouveau code pénal ukrainien a cessé ses travaux. C'est ce qu'a annoncé Mykola Khavroniuk, membre de la Commission de réforme juridique, sur sa page Facebook.
D'après lui, pendant près de six ans, un groupe de travail spécial composé d'experts ukrainiens a œuvré au sein de la commission à l'élaboration d'un projet de nouveau code pénal. Ce document était censé remplacer le code en vigueur, adopté en 2001.
Comme l'a souligné Khavronyuk, un projet de nouveau code a été élaboré et même présenté au public. Il prévoyait une réforme importante du droit pénal ukrainien. En particulier, il était proposé de modifier le système de classification des infractions : au lieu de trois catégories de gravité — mineur, grave et très grave —, neuf niveaux devaient être introduits.
Le projet de loi envisageait également d'autres approches en matière de sanctions. Par exemple, pour les crimes du niveau de gravité le plus élevé (neuvième), tels que le génocide ou l'agression, il était proposé d'établir une peine pouvant aller jusqu'à 30 ans d'emprisonnement ou la réclusion à perpétuité.
Dans le même temps, le projet de nouveau code prévoyait que le meurtre intentionnel d'une personne soit classé comme un crime du septième degré de gravité, passible d'une peine de 10 à 13 ans d'emprisonnement. À titre de comparaison, le Code pénal actuel prévoit une peine de 7 à 15 ans d'emprisonnement pour un crime similaire.
Le projet de loi comprenait également de nouvelles catégories d'infractions qui ne figurent pas dans la législation actuelle. Parmi celles-ci, en particulier, la responsabilité pénale pour le clonage humain.
Parallèlement, le nouveau code a suscité de vives critiques parmi les juristes. Des experts ont souligné que le système d'articles et de classifications qu'il contient est trop complexe pour une application pratique. Selon ses concepteurs, afin d'utiliser correctement les normes, il a même été proposé de créer un logiciel spécifique qui aiderait les juristes à classer les infractions.
Selon Mykola Khavronyuk, la mise en œuvre du projet au niveau de l'État est pour l'instant reportée. La principale raison en est la guerre et la surcharge des forces de l'ordre, du parquet et des tribunaux. De ce fait, les autorités ne disposent ni du temps ni des ressources nécessaires pour mener à bien une réforme d'envergure de la législation pénale.

