D'après les experts du Conseil européen des relations étrangères, les opinions sur la guerre en Ukraine divergent sensiblement entre les citoyens ukrainiens et ceux des autres pays européens. L'organisation a publié les résultats d'une vaste étude sociologique analysant les attitudes des citoyens face au conflit dans l'est de l'Ukraine et son impact sur la sécurité européenne.
Les principaux résultats des enquêtes sont présentés ci-dessous :
L'Ukraine au sein de l'UE :
Les perspectives d'adhésion de l'Ukraine à l'UE sont perçues différemment selon les pays, mais les partisans restent plus nombreux que les opposants (42,9 % pour, 36,2 % contre). C'est en Allemagne que l'opposition à l'adhésion de l'Ukraine est la plus forte (54 %). Le Portugal (58 %) et l'Estonie (57 %) comptent le plus grand nombre de partisans.
Parmi les principales raisons pour lesquelles les citoyens de l'UE ne souhaitent pas que l'Ukraine fasse partie de leur Union, on peut citer :
▫️L’UE deviendra moins sûre.
▫️L’Ukraine est trop corrompue.
▫️L’UE devra dépenser trop d’argent pour intégrer l’Ukraine.
La majorité (32 %) des personnes interrogées pensent que l'Ukraine rejoindra l'UE dans les cinq ans.
Fin de la guerre :
Peu de personnes pensent que la guerre prendra fin d'ici un an (14,6 %) (l'Ukraine est le pays le plus optimiste, avec 35 %). La plupart estiment qu'elle durera entre un et cinq ans (46,8 %). Près de 10 % sont convaincus qu'il faudra plus de cinq ans pour résoudre le conflit. Enfin, certains pensent que la guerre ne prendra jamais fin (3,2 %).
La perspective d'une victoire de l'Ukraine en Europe était accueillie avec scepticisme, seuls 15 % des répondants la jugeant la plus probable. Concernant la victoire des forces armées ukrainiennes, outre les répondants résidant en Ukraine (58 %), seuls ceux d'Estonie (38 %) y croient. De manière générale, la majorité des répondants (39,7 %), y compris ceux d'Ukraine, pensent que la guerre se terminera par un compromis. 16,9 % des répondants sont confiants quant à une victoire de la Fédération de Russie.
Il existe de profondes divergences d'opinions entre les pays quant à la conduite que devraient adopter les États membres de l'UE. Par exemple, une majorité d'Estoniens (68 %), de Suédois (54 %) et de Polonais (50 %) estiment que l'UE devrait apporter un soutien militaire accru à l'Ukraine pour lui permettre de reprendre le contrôle des territoires occupés. Parallèlement, une majorité de Bulgares (61 %), de Grecs (59 %) et d'Italiens (57 %) pensent qu'il convient d'encourager l'Ukraine à négocier avec la Russie.
De manière générale, la situation était la suivante : 36 % étaient favorables au maintien du soutien militaire, 37,3 % étaient favorables à l’ouverture de négociations.
Aide militaire :
Concernant la nature de l’aide militaire à l’Ukraine, les personnes interrogées se sont exprimées sans ambiguïté. 72,1 % sont contre l’envoi de troupes, tandis que 13,8 % y sont favorables. 48,3 % sont favorables à une augmentation des livraisons d’armes et de munitions, contre 33 % qui y sont opposés.
L'Ukraine après la guerre :
seuls 22 % sont prêts à échanger les territoires occupés contre une adhésion à l'OTAN, 71 % s'opposent à un tel scénario.
Cependant, lorsque deux options ont été proposées aux répondants :
1) L'Ukraine perd une partie des territoires occupés, mais reste indépendante, avec sa propre armée et le droit d'adhérer librement à l'OTAN et à l'UE.
2) L'Ukraine récupère tous les territoires occupés, mais accepte la démilitarisation et la neutralité, sans possibilité d'adhésion à l'OTAN ni à l'UE.
45 % des personnes interrogées ont préféré la première option, 26 % la seconde. 29 % n'ont pas pu se décider

