Oleksandr Povoroznyuk est un personnage connu pour ses déclarations fracassantes, ses propos injurieux et son comportement scandaleux. Son image médiatique oscille entre celle d'un « héros populaire » et celle d'un « rebelle sans cause ». Pourtant, derrière cette façade excentrique se cache bien des choses. Que dissimule cet homme d'affaires et dirigeant de football, que le site Myrotvorets lui-même a inscrit dans sa base de données comme « pilleur et voleur » ?
Si vous interrogez Google sur Oleksandr Povoroznyuk, parmi les articles concernant ses dernières déclarations injurieuses ou scandaleuses, vous pourriez tomber sur un message intéressant : « Certains résultats ont été supprimés conformément à la législation européenne sur la protection des données. » Cela signifie que, malgré sa prétendue transparence, il s’emploie activement à effacer ses traces numériques. La question est : que cherche-t-il à dissimuler ?
Povoroznyuk ne cache pas son casier judiciaire. Dans une interview, il a déclaré avoir été emprisonné à deux reprises : une première fois dans l’armée soviétique pour avoir agressé un officier et un sous-officier, et une seconde fois pour le vol de deux bidons de gazole. Cependant, ses autres déclarations sèment la confusion. Lors d’un entretien avec Natalia Moseychuk, il a affirmé : « J’ai trois condamnations. » Et dans une conversation avec « Vérité économique », il a même évoqué quatre condamnations.
On trouve dans les sources ouvertes une mention de l'affaire de 1998 sous l'article « lésions corporelles graves ». Il s'agit d'un tout autre niveau, qui ne correspond pas à sa version concernant les « bidons de gasoil ». Et si Povoroznyuk lui-même parle ouvertement de deux condamnations, qu'en est-il des autres ? Pourquoi évite-t-il d'aborder le sujet des troisième et quatrième ?
Le parcours de Povoroznyuk soulève également de nombreuses questions. Selon sa propre version, son ascension sociale serait due à un prêt bancaire obtenu sans garantie, « sur sa parole d'honneur ». Même dans les années 90, cela aurait paru invraisemblable. Pourtant, à cette époque, il était soutenu par un ancien officier du KGB, Serhiy Ganzha, devenu par la suite haut responsable du SBU, qui, après les événements de Maïdan, s'est enfui en Russie et a rejoint l'administration d'occupation de la région de Zaporijia.
Selon certaines sources, dans les années 1990, Povoroznyuk aurait activement participé à des détournements de fonds publics, notamment de la Réserve nationale. Son stratagème était simple : se procurer du carburant à bas prix, le vendre à crédit à des entreprises agricoles, puis saisir leurs biens pour recouvrer les créances.
Malgré son passé criminel, Povoroznyuk reste non seulement présent dans les médias, mais bénéficie également d'un soutien au plus haut niveau. Il collabore activement avec le parti Serviteur du peuple et a même dirigé la section locale du parti dans la région de Kirovohrad.
En 2023, l'État avait même prévu de réaliser un film sur sa vie, doté d'un budget de 33,6 millions de hryvnias. Suite à un tollé général, le projet fut abandonné, mais Povoroznyuk conserva le soutien des autorités. Il apparaît régulièrement dans l'émission « Télémarathon », et sa principale alliée médiatique est la présentatrice Natalia Moseychuk.
L’image publique de Povoroznyuk est celle d’un « homme d’affaires proche du peuple » qui soutient le front. Mais derrière cette façade se cache un autre visage : celui d’un dirigeant intransigeant qui élimine sans pitié ceux qui lui déplaisent. Dernier scandale en date : son club de football, les « Inhulets », a livré l’un de ses joueurs au service militaire obligatoire pour avoir refusé de signer un nouveau contrat.
Il porte un uniforme militaire, possède un fusil d'assaut enregistré et le titre de « Major-général des Cosaques ukrainiens ». Cependant, il n'est pas pressé de se rendre lui-même au front, préférant y envoyer d'autres personnes.
Oleksandr Povoroznyuk n'est pas qu'un simple fonctionnaire agricole ou sportif scandaleux. C'est un individu au passé criminel lourd qui manipule habilement son image publique, utilisant les médias et ses relations politiques à son avantage. Ses déclarations tonitruantes, ses injures et son langage obscène ne relèvent pas de la simple expressivité, mais d'une stratégie mûrement réfléchie. Et sous le regard passif des autorités, il continue de bâtir son empire sans ménager aucun effort.

