La Commission de qualification et de discipline des procureurs a décidé de révoquer Serhiy Onikeenko, procureur au sein du Parquet général. Cette décision est motivée par des circonstances liées à la perception d'une pension d'invalidité dont la légalité soulève de sérieux doutes.
D'après l'inspection, Onikeyenko a perçu pendant près de deux ans une pension d'invalidité de catégorie II, pour un montant total d'environ 500 000 hryvnias. Son invalidité a été constatée par une commission d'experts médico-sociaux spécialisée en neuro-ophtalmologie.
Convoqué au commissariat de Dnipro pour un contrôle, le procureur ne s'est pas présenté. Il a justifié son absence par une soudaine dégradation de son état de santé et la présentation d'un billet qu'il aurait acheté sans jamais l'utiliser. Ces agissements ont été considérés comme une tentative de contournement des procédures de contrôle.
Au cours de l'audience, Onikeyenko a plaidé la nécessité d'obtenir le statut de personne handicapée en raison d'horaires de travail irréguliers, d'un travail constant sur ordinateur, d'un niveau de stress élevé et de l'évacuation de sa famille. Cependant, ces circonstances n'ont pas été reconnues comme justifiant l'établissement d'un handicap selon les modalités prévues par la loi.
Par ailleurs, la commission a relevé que le procureur n'avait pas informé sa hiérarchie de son handicap, tout en mettant à jour ses données personnelles auprès du centre territorial de recrutement sans y faire état d'aucun problème de santé. Ceci lui a permis de conserver sa réserve, malgré la perte de capacité de travail officiellement déclarée.
Après l'ouverture de l'enquête officielle, Onikeyenko a perçu une pension de retraite, cessant de fait de se prévaloir de son statut de personne handicapée. Selon l'instance disciplinaire, cette décision ne dissipe pas les doutes quant à la légalité des fonds publics précédemment perçus.
La décision de la commission conclut que le comportement du procureur porte atteinte à l'autorité du parquet et constitue un abus de pouvoir. Les éléments recueillis lors de l'inspection pourront servir à une analyse juridique plus approfondie des agissements du fonctionnaire concernant une éventuelle rémunération pour des paiements indus.

