L'affaire du village de chalets « Vitagrad », près de Khodosivka dans la région de Kyiv, dépasse désormais le cadre des tribunaux. Selon les informations recueillies par la rédaction, un groupe de personnes se constitue autour du promoteur immobilier Anatoly Prylypko, qui l'aide probablement à faire lever les arrestations liées au terrain. Parmi elles figurent la juge Inna Finageeva et les procureurs Oleksandr Gutsulyak et Roman Koval.
Les premiers soupçons ont été exprimés par des chaînes Telegram anticorruption. Ainsi, selon le site « Joker », les procureurs Hutsulyak (Parquet régional de Kyiv) et Koval (District d'Obukhov) agiraient de concert avec Prylypko, recevant de sa part une rémunération en échange de « décisions favorables » dans des affaires pénales. Il s'agirait d'affaires d'utilisation illégale de terrains à des fins de développement.
Rappelons que Prylipko tente, par le biais du tribunal de Pechersk, d'annuler les saisies effectuées sur les parcelles de terrain de « Vitagrad » où des travaux de construction sont prévus.
Une attention particulière est portée à la juge Inna Finageeva qui, selon certaines sources, examine des affaires impliquant Prylipko. Et c'est là que les choses se compliquent. Sa déclaration révèle des liens financiers étroits avec un certain Serhiy Ivashchenko : il est mentionné comme étant la personne avec laquelle elle partage une voiture, et ses revenus figurent également dans sa déclaration.
Ivashchenko travaille chez Design and Construction Center LLC (DBC), une entreprise qui décroche de nombreux contrats dans la région de Kyiv. Son portefeuille comprend notamment la construction du complexe résidentiel Ozerny Gai Gatne, une participation à la construction de Sofiivske Lypy et des appels d'offres auprès des collectivités locales via Prozorro.
Tous ces projets sont situés dans le ressort territorial de la juge Finageeva.
Une question logique se pose : la juge aurait-elle pu faciliter la conclusion de contrats pour son parent ? Et exerce-t-elle un « patronage » non seulement au sein du tribunal, mais aussi en dehors, en influençant les procédures d’autorisation ou le contrôle judiciaire des dossiers des promoteurs ?
Un autre point à considérer est le lien direct éventuel entre la SARL « KBC » et Prylipko. Si tel est le cas, cela expliquerait sa loyauté envers la personne impliquée dans les affaires d'expropriation. D'autant plus que « Vitagrad » se situe dans la zone d'influence du lobby du BTP.
Selon certaines sources, le NABU se prépare déjà à soupçonner Prylipko lui-même, et les procureurs comme les juges pourraient être visés par l'enquête. Si un conflit d'intérêts ou un enrichissement sans cause est avéré, les conséquences pourraient être graves.
Les autorités anticorruption devraient vérifier d'urgence :
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Les liens de la juge Finageeva avec KBC LLC ;
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les circonstances de l'examen loyal des cas de Prylipko;
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l'implication présumée de procureurs dans des systèmes d'annulation d'arrestations.
Cette histoire illustre comment le secteur de la construction en Ukraine s'immisce de plus en plus dans le système judiciaire et judiciaire, transformant l'État en un instrument de dissimulation d'enrichissements privés.

