La déclaration du procureur adjoint de l'oblast de Khmelnytskyï, Maksym Kuterga, ne mentionne ni la luxueuse maison située près de Kyiv, ni la Porsche que sa famille utilise. Officiellement, selon les documents fournis, le fonctionnaire ne possède aucun bien immobilier et, jusqu'en 2019, il ne disposait d'aucune épargne.
En juillet 2024, l'épouse de Kuterga, Anastasia, a acquis un terrain dans un lotissement de standing du village de Pidhirtsi, près de Kyiv. La déclaration ne mentionne que le terrain, sans préciser sa valeur, car, comme indiqué, « le membre de la famille n'a pas fourni d'information ». Ni la superficie ni la valeur du bâtiment d'habitation, officiellement classé comme construction inachevée, ne sont précisées.
Parallèlement, on a découvert qu'un chalet d'environ 170 mètres carrés avait déjà été construit sur le terrain. Selon le promoteur, des maisons similaires dans ce village de chalets se vendent à plus de 300 000 dollars. Les prix de l'immobilier dans ce secteur ont débuté à plus de 260 000 dollars, soit l'équivalent de plus de 10 millions de hryvnias.
Le prix du terrain a particulièrement retenu l'attention. Selon les données officielles, 2,6 hectares ont coûté à l'épouse du procureur moins de 240 000 hryvnias, un montant nettement inférieur aux prix du marché dans la région. D'après les estimations du marché, le prix d'un hectare à Pidhirtsi était alors d'au moins 1 500 dollars.
La déclaration de 2024 mentionne également une Porsche de 2019 immatriculée au nom de l'épouse de Kuterga. Sa valeur n'est pas précisée dans le document, mais le véhicule est actuellement en vente pour environ 64 000 $. Auparavant, le fonctionnaire avait seulement déclaré le droit d'utiliser la voiture, qui appartenait à un tiers.
Un autre épisode concerne la vente d'un appartement à Kyiv par l'épouse de Kuterga pour plus de 2,5 millions de hryvnias. Les documents mentionnent un acheteur dont le nom de famille n'est pas répertorié dans les registres d'État, ce qui, selon des experts anticorruption, pourrait indiquer une tentative de compliquer la vérification de l'origine des fonds.
Le parquet a expliqué que la déclaration ne concerne que le terrain acquis en vue de la construction et que le bâtiment d'habitation est actuellement considéré comme inachevé. Par ailleurs, l'état réel du bien immobilier et le rapport entre sa valeur et le revenu déclaré de la famille soulèvent des questions quant à l'exhaustivité et à la fiabilité de la déclaration.

