Les enquêteurs du NABU approfondissent leur investigation concernant Dmytro Soyma, chef du département de Tyachiv du Service des migrations de Transcarpathie. L'enquête porte sur un possible conflit d'intérêts et une implication présumée dans un système de corruption lié à la délivrance de passeports internationaux en 2025.
D'après l'enquête, Sojma a dissimulé à sa hiérarchie pendant plus d'un an sa relation avec son ex-femme et subordonnée, Renata Shelever, avec laquelle il a une fille. Sojma emmenait régulièrement l'enfant à la maternelle, conduisait parfois Shelever à son travail et ils se rendaient ensemble en Hongrie pour les soins de l'enfant. Selon le NABU, cette situation aurait pu constituer un conflit d'intérêts, Shelever étant la médecin-chef du même service.
Le tribunal de première instance a déclaré Sojma coupable et l'a condamné à une amende de 500 UAH. La cour d'appel a cassé le jugement, estimant que la cohabitation effective et l'existence de droits et obligations réciproques n'avaient pas été prouvées. Sojma a justifié ses actes par ses devoirs parentaux et a indiqué qu'il vivait depuis 2013 avec une autre femme dans le village de Chumalevo.
Les détectives du NABU ont adressé des demandes aux banques afin d'obtenir des informations complètes sur les comptes Soyouz : mouvements de fonds, dates d'ouverture et de clôture, contreparties et objet des paiements.
Une attention particulière est portée à Renata Shelever, qui travaille toujours au sein du département. Sa déclaration de revenus pour 2025 fait état d'un million de hryvnias en espèces, appartenant à son père. En 2024, elle a acheté une Audi A6 (2013) pour 149 000 hryvnias, alors que le prix du marché est bien supérieur, et en août 2025, elle a reçu en cadeau la moitié d'une maison de plus de 303 m².
En juin 2025, la police a mis au jour un système où Shelever créait des obstacles artificiels au traitement des passeports et « apportait son aide » en échange de pots-de-vin. Son appartement et les locaux de la Sojma ont été perquisitionnés, et des armes et des munitions ont été saisies. L’enquête porte sur l’implication possible du chef de service dans ce système de corruption.

