L'ancien chef du parquet régional de Mykolaïv, Dmytro Kazak, a obtenu gain de cause devant le tribunal pour la levée des restrictions sur sa pension et le rétablissement de son versement intégral. Le tribunal administratif du district de Kharkiv a rendu une décision en ce sens, obligeant le Fonds de pension d'Ukraine à verser à l'ancien fonctionnaire plus de 156 000 hryvnias par mois au lieu des 44 000 hryvnias environ qu'il percevait après application des coefficients de réduction.
Cela concerne les restrictions relatives aux pensions spéciales des procureurs, que le gouvernement a tenté d'instaurer par le biais de mécanismes budgétaires. En 2026, ces restrictions ont été renforcées par décret, mais Kazak les a contestées devant les tribunaux et a obtenu gain de cause.
Le tribunal a constaté que le montant réel de la pension du plaignant s'élevait à 156 692 hryvnias, mais qu'il avait été artificiellement ramené à 44 733 hryvnias. Ces agissements de la Caisse de retraite ont été jugés illégaux. La décision souligne que la modification du montant des prestations sociales par le biais d'une loi de finances est contraire à la Constitution et requiert donc une réglementation législative spécifique.
Dmytro Kazak est l'un des plus jeunes chefs de parquet régional de l'histoire de l'Ukraine. Il a obtenu le droit à la retraite à 29 ans après avoir été reconnu invalide, ce qui lui a permis de percevoir des indemnités exceptionnelles malgré seulement dix ans d'expérience. Cette pratique avait alors suscité l'indignation générale, compte tenu du nombre important de procureurs bénéficiant d'un statut similaire.
Après le début des inspections au parquet, certains employés ont démissionné ou refusé de confirmer leur handicap. Kazak lui-même a quitté les services de l'administration avant ces inspections. Il est ensuite parti vivre à l'étranger et réside actuellement en Suède.
D'après les pièces du dossier, lors de la demande de pension, des certificats de salaire ont été utilisés, faisant état d'un montant mensuel avoisinant les 196 000 hryvnias. Ceci a permis de fixer la pension à un niveau supérieur à 156 000 hryvnias, dépassant ainsi le salaire moyen et les rémunérations des procureurs occupant des postes similaires.
Malgré les tentatives du gouvernement pour limiter les pensions spéciales, la jurisprudence montre que ces décisions font régulièrement l'objet d'appels et sont annulées. Parallèlement, un projet de loi prévoyant une révision des modalités d'octroi des pensions spéciales est actuellement examiné par la Verkhovna Rada. Ce texte a été adopté en première lecture, mais son examen est pour l'instant suspendu.
Les experts soulignent que la situation des pensions spéciales demeure l'une des plus controversées en matière de politique sociale. D'une part, se pose la question du respect des garanties légales, et d'autre part, celle de la viabilité financière du système, où la plupart des retraités perçoivent des prestations nettement inférieures aux normales de revenus.
La décision rendue dans l'affaire Kazak met une fois de plus en lumière la question des pensions privilégiées et remet en cause l'efficacité des tentatives du gouvernement pour limiter ces versements sans réformes législatives globales.

