Quarante-huit prévenus, poursuivis dans le cadre d'enquêtes menées par le Bureau national anticorruption et le Parquet spécialisé anticorruption, ont été mobilisés dans les forces armées ukrainiennes après le transfert de leurs dossiers devant les tribunaux. En conséquence, leur procès a été suspendu.
C’est ce qu’a rapporté le SAPO, soulignant une nouvelle tendance qui, selon les procureurs, se transforme en un mécanisme permettant d’échapper à ses responsabilités.
Après la présentation des soupçons, l'enquête et le renvoi du dossier devant le tribunal, l'accusé peut s'engager volontairement dans les forces armées ukrainiennes. S'il est déployé en zone de combat ou participe à des missions de combat, le tribunal suspend l'examen de l'affaire jusqu'à la fin de son service.
Comme l'indique le SAPO, cette pratique conduit à :
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suspension indéfinie des procédures judiciaires ;
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report du prononcé de la peine;
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raccourcir le délai de prescription pour traduire les accusés en justice permet en réalité d'éviter les sanctions.
Les procureurs font remarquer qu'ils perçoivent de plus en plus la mobilisation volontaire des accusés non pas comme une manifestation de responsabilité civique, mais comme une stratégie juridique.
Cette tendance s'est particulièrement accentuée avec l'affaire de l'ancien directeur du Service fiscal d'État, Roman Nasirov, déjà en phase de débats judiciaires. En avril, on a appris que Nasirov avait été mobilisé dans les forces armées ukrainiennes, ce qui a immédiatement conduit la défense à demander la suspension de la procédure.
Cependant, quelques jours plus tard, le Service de police militaire a annulé l'ordre de mobilisation et a également annoncé une enquête interne sur les circonstances de sa conscription.
Cette affaire a mis en lumière d'éventuels abus du mécanisme de mobilisation et a provoqué un tollé général.
Le parquet souligne que la participation aux hostilités ne doit pas servir de prétexte pour se soustraire à ses responsabilités. D'une part, les accusés peuvent effectivement accomplir des missions de combat ; d'autre part, ils instrumentalisent cette participation comme une parenthèse juridique, ce qui, en période de loi martiale, retarde considérablement le processus judiciaire.
Le SAPO met également en garde : l'abus de tels mécanismes peut saper la confiance dans la mobilisation elle-même en tant qu'outil de défense.

