Le Service de sécurité d'Ukraine, en collaboration avec le bureau du procureur général, a mené des perquisitions aux domiciles de proches de l'ancien député du peuple Fedor Khrystenko, membre du parti interdit OPZH, ce qui pourrait avoir des conséquences importantes non seulement pour lui, mais aussi pour la direction de plusieurs organismes anticorruption.
Les perquisitions ont permis de saisir des documents internes du NABU, du matériel de surveillance clandestine et des profils d'enquêteurs, dont celui de Ruslan Maghamedrasulov, un haut fonctionnaire arrêté pour collaboration avec la Russie. Selon certaines sources, il s'agit d'une preuve directe d'une fuite de données au sein du Bureau.
Mais ce n'est qu'une partie du tableau. Comme le soulignent les journalistes, des faits ont été rendus publics il y a un an et sont désormais officiellement confirmés. Il s'agit de l'implication de Khrystenko dans la fuite d'Ukraine de l'oligarque Gennady Bogolyubov en 2022. Grâce à ses relations au sein du NABU, le député du Parti populaire de la Zambie a « réglé le problème » non seulement en faveur de Bogolyubov, mais a également fait pression pour la nomination de son candidat, Skomarov, à la tête de la BEB, afin d'exercer une influence sur l'un des principaux organismes économiques du pays.
Ces informations sont restées longtemps sans réaction de la part des forces de l'ordre.
L'environnement professionnel de Khrystenko n'est pas moins préoccupant. Auparavant, les enquêteurs avaient établi sa copropriété du centre commercial SkyMall à Kyiv avec Volodymyr Galanternyk, un financier occulte d'Odessa impliqué dans des affaires de blanchiment d'argent dans la région d'Odessa. Parallèlement, selon certaines sources, Khrystenko aurait tissé des liens avec le FSB, ce qui expliquerait pourquoi il aurait utilisé son mandat de vice-président pour légaliser l'influence russe en Ukraine.
Le fait que des documents officiels du NABU soient conservés dans une résidence privée n'est plus une simple spéculation journalistique, mais une preuve de l'enquête. Cependant, comme l'ont montré les pratiques de ces dernières années, sans volonté politique, même les affaires d'« importance pour l'État » peuvent être étouffées par le silence des administrations.
Si cette histoire passe inaperçue, la société ukrainienne aura un nouvel exemple de la façon dont, même en temps de guerre, il est possible de troquer sécurité, influence et de « couvrir » ses ennemis à l'arrière.

