L'administration du président américain Donald Trump fait pression pour réduire les activités de l'OTAN à l'étranger, notamment la mission en Irak et l'opération de maintien de la paix au Kosovo, a rapporté Politico, citant quatre diplomates de l'OTAN.
D'après les sources de la publication, Washington fait également pression pour limiter la participation de l'Ukraine et de ses partenaires de la région indo-pacifique au sommet annuel de l'OTAN, qui doit se tenir à Ankara en juillet. Parmi ces partenaires figurent l'Australie, la Nouvelle-Zélande, le Japon et la Corée du Sud.
Comme le souligne Politico, l'initiative de la Maison Blanche reflète la volonté de considérer l'OTAN comme une alliance de défense purement euro-atlantique et d'abandonner l'élargissement de son champ d'action, notamment la gestion des crises, les partenariats mondiaux et les initiatives fondées sur des valeurs. Au sein de l'Alliance, cette orientation est officieusement qualifiée de « retour aux paramètres d'usine ».
Des diplomates avertissent qu'une telle approche pourrait entraîner un retrait rapide des opérations dans les régions d'anciens conflits militaires et l'exclusion de Kiev et de Canberra des discussions officielles lors du sommet d'été.
Cette initiative fait suite aux déclarations du secrétaire adjoint à la Défense du Pentagone, Elbridge Colby, concernant la nouvelle OTAN. Il a souligné que toutes les missions ne peuvent pas demeurer prioritaires et que la capacité des forces européennes à combattre, survivre et vaincre dans des scénarios critiques pour la défense de l'Alliance constitue un indicateur essentiel de leur sérieux. Parallèlement, il a insisté sur le fait que les États-Unis restent pleinement engagés en faveur de la sécurité de l'Europe.
Un diplomate de l'Alliance a averti qu'abandonner les initiatives étrangères n'est pas la bonne approche, car les partenariats jouent un rôle important dans le système de dissuasion et de défense.
Selon Politico, l'exigence de limiter les invitations aux partenaires s'explique en partie par la volonté de réduire le nombre de réunions prévues dans le cadre du sommet. Ces pays ne pourront recevoir d'invitations qu'à des événements parallèles.
L'ancienne porte-parole de l'OTAN, Oana Lungescu, a déclaré que limiter la participation des partenaires témoignerait d'une volonté de se concentrer sur les questions de défense fondamentales de l'Alliance. Un porte-parole de l'OTAN a indiqué que les modalités de participation des partenaires au sommet seraient communiquées ultérieurement.
Ainsi, au beau milieu des préparatifs du sommet de juillet à Ankara, un débat s'est engagé au sein de l'Alliance sur le rôle futur de l'OTAN : restera-t-elle un acteur majeur de la sécurité mondiale ou reviendra-t-elle au format restreint d'une alliance de défense classique ?.

