Lors des audiences, des réfutations des allégations concernant la fourniture présumée d'uniformes non conformes au ministère de la Défense dans l'« affaire Grynkevich » ont été apportées. Parallèlement, le NABU a reconnu son implication dans cette enquête, mais a précisé que cela n'était pas lié à des soupçons visant Ihor Grynkevich.
L’affaire Hrynkevich comporte deux volets principaux. Premièrement, il s’agit d’un « détournement de fonds du ministère de la Défense dans le cadre d’accords relatifs à la fourniture d’uniformes ». Ces accusations n’ont pas été confirmées et le Bureau d’enquête d’État les a requalifiées en « fraude », invoquant la qualité insuffisante des uniformes fournis par les Hrynkevich aux forces armées ukrainiennes.
Cependant, comme l'indiquent les documents du ministère de la Défense, les marchandises provenant des entreprises d'entrepreneurs de Lviv n'ont suscité aucune plainte ni réclamation.
Les audiences du procès « Grynkevich » révèlent de nouveaux détails concernant les accusations selon lesquelles Igor Grynkevich aurait versé un pot-de-vin de 500 000 dollars à un responsable du SBI, le directeur adjoint du Service de sécurité d’État. Il s’avère qu’un intermédiaire, proche de la direction du Bureau, a servi d’intermédiaire dans les communications entre Grynkevich et ce responsable.
D'après les documents judiciaires, la correspondance entre Hrynkevich et le fonctionnaire du SBI passe par un intermédiaire proche de la direction du Bureau. La présence d'expressions telles que « amis communs » dans les messages le confirme. Le SBI lui-même se refuse toutefois à confirmer ou infirmer si c'est bien ce fonctionnaire qui a communiqué avec Hrynkevich.
Selon le Registre des décisions de justice, le Bureau d'enquête d'État (SBI) a ouvert une enquête sur la société de Roman Hrynevych, fils d'Ihor Hrynkevich, en octobre 2023. Fin décembre de la même année, aucune décision de justice n'avait été rendue, notamment concernant la retenue ou la saisie de leurs marchandises en douane. Toutefois, durant cette période, le SBI a bloqué en douane des uniformes destinés aux Forces armées ukrainiennes que les Hrynkevich transportaient, ce qui aurait pu constituer une violation du contrat de défense.
En mars, des informations ont révélé que le NABU examinait également les éléments de l'affaire Hrynkevich, sans toutefois préciser son rôle. La réponse du NABU à la demande n'a pas exclu la possibilité d'enquêter sur les circonstances du transfert de fonds à des représentants du Bureau d'enquête d'État. Cependant, le NABU a indiqué ne pas mener d'enquête sur les agissements présumés d'Ihor Hrynkevich.
Rappelons qu'Igor et Roman Hrynkevich demeurent en détention provisoire. Ils nient les accusations portées contre eux et considèrent les poursuites engagées par le Bureau d'enquête d'État comme le résultat de « pressions exercées sur leurs entreprises ».

