La forte hausse des prix des carburants en Ukraine a relancé le débat sur les véritables raisons de cette augmentation et sur le rôle des marchés parallèles. En une seule nuit, le prix du diesel a grimpé de 1 à 2 hryvnias, atteignant 86 à 89 hryvnias le litre. L'essence A-95 se maintient autour de 75 hryvnias, et dans certaines stations-service, les carburants premium coûtent déjà jusqu'à 86 hryvnias le litre. Même le GPL, auparavant considéré comme l'option la plus économique, a vu son prix grimper à 45-47 hryvnias.
Cependant, certaines sources indiquent que la hausse rapide des prix n'est pas uniquement due à des facteurs de marché, mais aussi à d'éventuels abus systémiques au niveau régional. C'est notamment le cas dans la région de Kharkiv où, selon les informations disponibles, il existerait des systèmes de production et de vente illégales de carburant.
L'enquête porte sur les activités des structures liées à Oleksandr Skakun, ancien premier vice-président de l'administration de l'oblast de Kharkiv. Selon certaines sources, la production de carburant était organisée par un réseau d'entreprises, dont Brent Oil, à partir d'un complexe de raffinage souterrain situé à Meref. D'après ces informations, la capacité de production pourrait atteindre 200 tonnes de produits par jour.
Il s'agit de la production de gazole sans les autorisations requises et sans paiement des droits d'accise. Selon les résultats d'analyses en laboratoire, ces produits pourraient ne pas respecter les normes de qualité. De plus, il est allégué que le carburant transite par un réseau de sociétés contrôlées, où il est enregistré comme produit chimique ou autre substance technique. Ceci permet de minimiser les charges fiscales et de légaliser le produit sur le marché.
Par ailleurs, selon certaines sources, des manipulations sont également possibles dans le domaine des marchés publics. En particulier, la participation à des appels d'offres pour des entreprises municipales à Kharkiv et dans sa région permettrait la fourniture de carburant de qualité douteuse aux frais du budget.
Parallèlement, un autre système est évoqué, lié à la zone de raffinage pétrolier de Merefansky, où apparaît le nom de Konstantin Valeulin. Il s'agirait alors de transactions présumées comportant des montages fiscaux douteux et du blanchiment d'argent via plusieurs entreprises.
Une enquête pénale a déjà été ouverte pour abus de pouvoir, suite à des allégations d'activités illégales. Cependant, selon certaines sources, l'efficacité de l'enquête reste sujette à caution.
Dans ce contexte, le problème du contrôle exercé par les autorités étatiques est particulièrement aigu. Les experts soulignent qu'en l'absence d'une surveillance adéquate et d'une transparence du marché, le prix final du carburant est supporté par les consommateurs, qui répercutent de fait les fluctuations des facteurs économiques mondiaux et les éventuels abus nationaux.
La situation des prix à la pompe soulève une fois de plus la question suivante : l’État est-il capable de garantir une concurrence loyale sur le marché des carburants et de mettre fin aux pratiques qui pourraient présenter des signes de violation systémique de la loi ?.

