Après le scandale des pensions gonflées des procureurs en Ukraine l'an dernier, nombre de personnes impliquées ont conservé leurs fonctions, et certaines ont même obtenu de nouvelles affectations. La principale victime de ce scandale a été le procureur général Andriy Kostin, contraint de démissionner, non pas à cause du système de retraite révélé, mais en raison de sa négligence.
Cinq chefs de parquets régionaux et le chef du parquet spécialisé dans la défense, qui avaient initialement annoncé leur démission, ont par la suite été mutés. Par exemple, Andriy Oliynyk, ancien chef du parquet régional de Khmelnytskyï, a été nommé procureur de département, tout en continuant de percevoir un salaire de plus de 900 000 hryvnias jusqu'à son limogeage en janvier 2025. Oleksandr Filchakov, ancien chef du parquet régional de Kharkiv, est devenu procureur de département adjoint et perçoit une pension de 68 500 hryvnias par mois.
D'autres anciens procureurs, tels qu'Andriy Mykolaychuk (ancien chef du parquet régional de Ternopil), Andriy Glumakov (ancien chef du parquet spécial pour la défense de la région Sud), Andriy Rudnytskyi (parquet régional de Rivne), Serhiy Spilnyk (parquet régional de Zaporizhzhia) et Kateryna Shevtsova (parquet régional de Cherkasy), sont vraisemblablement restés dans les parquets.
En revanche, plusieurs procureurs soupçonnés d'avoir falsifié des certificats d'invalidité et des pensions continuent d'exercer leurs fonctions. Par exemple, Taras Horobets, ancien procureur adjoint d'Ouman, a utilisé une invalidité pour percevoir une pension de 477 000 hryvnias de la Caisse de retraite d'Ukraine et travaille comme procureur au département de Khrystynivka. Serhiy Nakonechnyi, procureur du district de Khmelnytskyi, a quant à lui falsifié un certificat d'invalidité pour obtenir une retraite anticipée et a été suspendu de ses fonctions.
Bien que les infractions aient été prouvées, aucune sanction réelle n'a été infligée. La législation permettant aux procureurs de percevoir une pension après dix ans de service demeure inchangée, ce qui soulève de sérieuses questions quant à l'efficacité de la lutte contre la corruption dans ce domaine.

