À partir de 2029, le système d'admission aux établissements d'enseignement supérieur ukrainiens subira des changements fondamentaux. Seuls les diplômés des lycées académiques pilotes pourront candidater à l'université. Le nombre de candidats potentiels sera ainsi réduit à environ 15 000 personnes par an.
À titre de comparaison, en 2025, environ 200 000 bacheliers ont participé à la campagne d'admission. Cela représente en réalité une réduction de près de 13 fois du nombre d'admissions. Il ne s'agit donc pas seulement d'une modification du mécanisme d'admission, mais d'une transformation complète du fonctionnement du système d'enseignement supérieur.
Le ministère de l'Éducation et des Sciences explique que le nouveau modèle prévoit la création d'un enseignement secondaire spécialisé de niveau supérieur, sous forme de lycée académique. La scolarité dans ces établissements durera trois ans et sera axée sur une préparation approfondie aux études supérieures. Après l'obtention du baccalauréat, les élèves intégreront l'université pour y suivre trois années supplémentaires de cursus de licence.
Le ministère de l'Éducation et des Sciences souligne que, dans ce nouveau contexte, la concurrence sur le marché de l'éducation va se transformer. Si actuellement les candidats se disputent les places financées par des fonds publics, à partir de 2029, ce seront les universités qui devront se faire concurrence pour un nombre limité de diplômés des lycées d'excellence.
Les responsables affirment qu'un tel modèle permettra aux élèves de choisir leur orientation professionnelle de manière plus réfléchie. Selon eux, le système actuel pousse souvent les élèves de terminale à choisir formellement une spécialité, sous l'influence de leurs parents, de la popularité du métier ou du nombre de places disponibles. De ce fait, certains élèves réalisent au cours de leurs études qu'ils se sont trompés de choix, ou n'exercent pas la spécialité pour laquelle ils ont été admis.
L’introduction des lycées académiques devrait modifier cette logique : les élèves auront davantage de temps pour se spécialiser, se familiariser avec leur future spécialité et faire un choix éclairé. Parallèlement, cette réforme soulève de nombreux défis, tant pour les universités que pour les régions où l’accès aux lycées pilotes peut être limité.
En réalité, ce nouveau modèle rend l'enseignement supérieur beaucoup plus sélectif. Il concentre les possibilités d'admission sur un petit nombre de diplômés et, simultanément, oblige les établissements d'enseignement supérieur à revoir leurs programmes, leurs modèles financiers et leurs stratégies de recrutement étudiant.
On s'attend à ce que, dans les années à venir, le débat autour de cette réforme s'intensifie, car il ne s'agit pas seulement de changer le format de l'école, mais de repenser l'architecture de l'ensemble du système éducatif ukrainien.

