Un système de détournement de fonds portant sur près d'un milliard de hryvnias, provenant de la construction d'abris anti-bombes et de fortifications, a été mis au jour dans la région de Kharkiv. Au cœur de cette escroquerie se trouve la société privée Project Alliance LLC, qui a obtenu des contrats sans appel d'offres, à des prix exorbitants et souvent sans fournir un travail de qualité satisfaisante.
La société Project Alliance LLC est partie à des dizaines de contrats d'une valeur totale de plus de 987 millions de hryvnias, dont la plupart concernent la construction d'abris pendant la loi martiale. Presque tous ces accords ont été conclus selon une procédure simplifiée, sans véritable mise en concurrence.
Andriy Kolos, ancien conseiller municipal, ancien fonctionnaire de l'administration régionale de Kharkiv et actuel membre du comité exécutif du conseil municipal, joue un rôle clé dans ce système. Par le biais des entités juridiques qu'il contrôle, il coordonne l'accès aux contrats les plus lucratifs, notamment ceux financés par le budget de la défense.
Le plus suspect, c'est le coût des matériaux de construction dans les devis. Par exemple :
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Le béton B30 est posé à 6 600 UAH/m³, alors que le prix du marché est d'environ 4 000 ;
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pierre concassée — 4 900 UAH/m³ contre 900 à 1 200 UAH pour la pierre ordinaire ;
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Le prix de base est de 117 000 UAH par unité, alors qu'il peut être acheté sur le marché pour 200 UAH.
Pour quelques articles seulement, le trop-perçu s'est élevé à au moins 8 millions de hryvnias.
En pratique, les structures construites sont souvent inutilisables. On signale des fissures dans les fortifications, des plafonds effondrés, des tranchées comblées et un manque de ventilation. À Krasnograd et Blyznyuki, où les abris ont coûté plus de 150 millions de hryvnias, les municipalités refusent de les comptabiliser dans leurs comptes en raison de violations flagrantes de la réglementation.
L'entreprise Project Alliance se retrouvait souvent seule candidate aux appels d'offres ou obtenait des accords complémentaires au contrat principal, toujours sans mise en concurrence. Ce système permet une inflation débridée du périmètre et du coût des travaux.
Malgré l'ampleur des violations, les forces de l'ordre et les autorités locales restent inactives. Personne n'a encore été tenu pénalement responsable du détournement de près d'un milliard de dollars de fonds de défense.

