Le ministère de la Défense ukrainien prévoit d'acheter 300 000 mines de 120 mm auprès d'un fabricant d'État, malgré le non-respect par ce dernier de ses engagements contractuels antérieurs. Le Conseil public anticorruption, rattaché au ministère de la Défense, met en garde contre le risque que de tels achats ne compromettent l'approvisionnement en munitions du front et ne provoquent un nouveau scandale.
Cette situation a été portée à l'attention de l'expert militaire Serhiy Zgurets, qui a indiqué que le ministère de la Défense allait de nouveau collaborer avec une entreprise ayant déjà rencontré des difficultés à honorer une commande de l'État.
Selon le Conseil public anticorruption, le problème réside dans le fait que le ministère de la Défense concentre ses commandes sur un seul fabricant, lequel a déjà démontré son incapacité à honorer des contrats antérieurs. Bien que les détails de ces accords restent confidentiels en raison du régime de secret, les militants anticorruption affirment que ce système compromet l'approvisionnement régulier du front en munitions.
Le GAR (Comité consultatif général) du ministère de la Défense a maintes fois attiré l'attention sur ce problème, mais la direction du ministère est restée muette. En conséquence, le Conseil a décidé de rendre l'affaire publique afin de mettre en lumière la situation.
Il a été révélé précédemment que certaines mines de 120 mm fabriquées par des entreprises d'État étaient de mauvaise qualité. Le ministre des Industries stratégiques, German Smetanin, a déclaré que le problème provenait des poudres utilisées pour leur fabrication. Cependant, selon d'autres sources, le fabricant aurait utilisé des amorces inadaptées, provenant d'obus de char au lieu de celles destinées aux mortiers. De ce fait, les mines n'ont tout simplement pas explosé.
Le ministère des Industries stratégiques a déjà reconnu une pénurie de 24 000 mines, dont une part importante a dû être remplacée. Cependant, le problème n’est pas résolu et le ministère de la Défense continue de commander des munitions auprès du même fabricant.
Le Conseil public anti-corruption du ministère de la Défense a demandé au quartier général du commandant suprême de diversifier les approvisionnements, c'est-à-dire de répartir les commandes entre plusieurs fabricants afin d'éviter la dépendance à un fournisseur unique.
Les militants exigent également :
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Mener une enquête sur l'approvisionnement en mines de qualité inférieure ;
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Publier le nombre de munitions retournées en raison de défauts ;
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Identifier et tenir pour responsables les fonctionnaires qui ont commis ces violations.
Par ailleurs, le GAR du ministère de la Défense a déjà déposé une déclaration auprès des forces de l'ordre, concernant d'éventuelles actions criminelles de la part de fonctionnaires chargés des interactions avec les fabricants.
L'expert militaire Serhiy Zgurets souligne que l'approvisionnement du front en munitions n'est pas qu'un simple problème bureaucratique, mais une question de survie pour les soldats ukrainiens. En effet, la chute de mines défectueuses en zone de combat peut avoir des conséquences tragiques.
« La situation va perdurer et les médias suivront de près les événements liés à cette commande. Car tant que les entreprises de défense fourniront des mines défectueuses, nos soldats au front seront contraints de compenser ce défaut par leur courage », a conclu Zgurets.

