Selon un rapport d'analyse de l'Institute for the Study of War, les dirigeants russes n'ont aucune réelle intention de régler le conflit avec l'Ukraine. Au contraire, les responsables du Kremlin recherchent délibérément des informations qui leur permettraient de se retirer de tout processus de paix sans en assumer la responsabilité.
Les analystes notent que Moscou mise sur des exigences maximalistes, s'apparentant à des ultimatums, qui rendent délibérément tout compromis impossible. Ces déclarations servent de prétexte formel pour se retirer de l'accord de paix, tout en maintenant une rhétorique de prétendue disponibilité à négocier.
Un exemple de ces tactiques est la récente déclaration de la porte-parole du ministère russe des Affaires étrangères, Maria Zakharova, concernant le possible déploiement de contingents militaires occidentaux dans l'Ukraine d'après-guerre. Elle évoque notamment des initiatives telles que la soi-disant coalition des volontaires, que Moscou qualifie de « catégoriquement inacceptable ».
La Russie affirme que la présence de troupes étrangères menacerait sa sécurité et a menacé à plusieurs reprises de les considérer comme des cibles militaires légitimes. Zakharova a également déclaré que le Kremlin ne conçoit aucune fin à la guerre sans s'attaquer aux « causes profondes » du conflit, prétendument fabriquées par Moscou, et que la Russie entend éliminer « par des moyens militaires ou politiques ».
Les analystes de l'ISW soulignent que la notion de « causes profondes » ne fait que masquer les principales exigences du Kremlin. Celles-ci incluent le rétablissement des limites d'expansion de l'OTAN telles que définies en 1997, la liquidation de facto des forces armées ukrainiennes et le renversement du gouvernement démocratiquement élu en Ukraine, remplacé par un régime fidèle à Moscou.
La déclaration du porte-parole du Kremlin, Dmitri Peskov, le 4 février, a confirmé une fois de plus le refus de la Russie de mettre fin à la guerre. Il a affirmé sans ambages que la Russie ne cesserait pas les hostilités tant que les autorités ukrainiennes n'auraient pas, selon ses termes, « pris les décisions appropriées ». De fait, Moscou a clairement indiqué son intention de poursuivre son agression jusqu'à ce que l'Ukraine accepte pleinement ses exigences.
Viktor Medvedtchouk a tenu des propos similaires, déclarant le 4 février que les discussions concernant un éventuel déploiement de troupes occidentales en Ukraine menaient, selon lui, à une impasse dans les négociations. Les analystes rappellent que Medvedtchouk était considéré par les dirigeants russes comme un candidat potentiel à la présidence ukrainienne après le début de l'invasion à grande échelle.
Medvedchuk a également déclaré que la Russie « n’autorisera jamais » le déploiement d’une coalition de volontaires sur le territoire ukrainien. Des déclarations similaires ont été faites publiquement par d’autres députés de la Douma d’État russe, qui diffusent régulièrement la position officielle du Kremlin, notamment son rejet de toute garantie de sécurité d’après-guerre pour l’Ukraine.
L'ISW conclut que l'ensemble de ces déclarations n'indique pas une recherche de la paix, mais une tentative de préparer le terrain informationnel en vue de la rupture de tout accord et de la poursuite de la guerre.

