NABU a dénoncé l'avocat Dmytro Borzykh pour une fuite massive d'informations classifiées à des clients influents

Dmytro Borzykh, ancien procureur militaire adjoint d'Anatoli Matios, se retrouve une fois de plus au cœur d'un scandale de corruption. Cette fois-ci, il est mis en cause dans une procédure pénale menée conjointement par le NABU et le SAPO. Il est soupçonné d'avoir accédé sans autorisation à la partie confidentielle du Registre unifié des enquêtes préliminaires (URD), et notamment aux décisions de la Haute Cour anticorruption (HACC).

D'après l'enquête, Borzykh, de concert avec deux autres avocats – dont l'un était le dirigeant de facto du barreau –, a organisé une fuite systématique d'informations confidentielles. À cette fin, un script a été spécialement conçu pour collecter automatiquement, toutes les douze heures, les nouvelles décisions et données du registre concernant leurs clients. Au total, près de 40 000 requêtes ont été effectuées et plus de 7 500 décisions de justice ont été consultées.

Les avocats ont transmis ces informations à leurs clients, parmi lesquels, selon les journalistes, figuraient des personnes impliquées dans des affaires très médiatisées : Ihor Kolomoisky, Borys Kaufman, Oleksandr Granovsky, Hryhoriy Kozlovsky et le banquier en fuite Kyrylo Shevchenko.

Borzykh exerce actuellement la profession d'avocat, et sa détention requiert donc l'accord du barreau.

Il convient de noter que le nom de Dmytro Borzykh est déjà apparu dans les enquêtes de journalistes d'investigation. En 2018, Bihus.Info a publié un article révélant que le procureur militaire adjoint de l'époque vivait dans une luxueuse maison de 390 m² dans le village de Lisnyky, près de Kyiv, et conduisait une Toyota Camry. Sa compagne présumée, quant à elle, possédait un Range Rover Evoque d'une valeur de plus de 1,5 million de hryvnias. Borzykh n'a par ailleurs déclaré ni le loyer, ni aucun membre de sa famille, ni le patrimoine de sa partenaire.

En conséquence, le NABU a ouvert une procédure pénale pour fausse déclaration (article 366-1) et enrichissement illicite (article 368-2). L'affaire a été classée sans suite, puis rouverte, sans toutefois aboutir à une mise en accusation.

Ces nouveaux soupçons semblent avoir des conséquences plus graves, car ils ne concernent pas seulement des violations des normes éthiques, mais aussi un impact possible sur les enquêtes visant de hautes personnalités de la politique et des affaires ukrainiennes.

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