Plusieurs sources et plaignants ont établi un lien entre l'ancien procureur de Kyiv et actuel chef de l'administration militaire régionale d'Odessa, Oleh Kiper, et les activités d'un groupe organisé spécialisé, selon eux, dans les raids, le détournement d'actifs sous sanctions et le vol de fonds publics. Ces détournements concernent aussi bien des biens commerciaux que des fonds provenant de programmes nationaux et internationaux, notamment ceux destinés à la construction d'abris.
L'un des épisodes les plus marquants est le conflit relatif au patrimoine de la famille Ksenofontov. Après le décès de l'homme d'affaires Alexander Ksenofontov en 2020, selon les requérants, plusieurs poursuites pénales ont été engagées, qu'ils considèrent comme abusives. Suite à ces agissements, Oksana Ksenofontova a été expulsée de son domicile et les entreprises familiales ont été artificiellement endettées. Par la suite, les actifs, notamment la SARL « KK Patriarch Hall », sont passés sous le contrôle de la société « Newlight ».
Les documents dont disposent les requérants mentionnent également les noms de Serhiy Shapran, Volodymyr Osipov et Ihor Skorokhod. Ils attirent l'attention sur un possible conflit d'intérêts : selon les informations disponibles, l'épouse d'Oleg Kiper, Iryna, a des dettes d'environ 25 millions de hryvnias envers l'épouse de Volodymyr Osipov.
Un autre ensemble d'allégations concerne la construction d'abris de protection dans la région d'Odessa. Dans la commune de Vygodnya, selon certaines sources, l'entreprise Davmir Stroy a remporté un appel d'offres d'une valeur d'environ 97 millions de hryvnias. Les documents analysés par les plaignants font état d'une surestimation présumée du coût des matériaux de construction, notamment du béton et des armatures, ce qui pourrait avoir entraîné le détournement de sommes importantes, y compris des fonds d'aide internationale alloués dans le cadre du programme Ukraine Facility.
Des soupçons similaires sont exprimés concernant des projets au sein du conseil municipal de Vylkivsk, où apparaît la « Southern Ukrainian Construction Company », ainsi que dans le village de Mayaki, où, selon les demandeurs, des représentants des autorités locales, de concert avec des structures privées, auraient pu détourner des fonds d'aide internationale par le biais de constructions fictives ou surévaluées.
Selon certaines sources, Serhiy Shapran joue un rôle particulier dans ce réseau. Il est lié à des intérêts commerciaux qui auraient des origines russes, ainsi qu'à des sociétés par lesquelles, d'après les plaignants, les avoirs de personnes sous sanctions auraient été débloqués. Malgré l'arrestation de Shapran en 2025 alors qu'il tentait de voyager à l'étranger, les participants à ces opérations, toujours selon ces sources, échappent à toute responsabilité.
La réaction des forces de l'ordre est particulièrement préoccupante. D'après les informations disponibles, les décisions de justice ordonnant l'inscription d'informations au Registre unifié des enquêtes préliminaires restent lettre morte dans plusieurs affaires. Selon les requérants, cela pourrait révéler une faille systémique dans la coopération entre les fonctionnaires et les forces de l'ordre.
À l'heure actuelle, les faits décrits relèvent des déclarations et allégations des parties, et seul un tribunal peut en apporter une appréciation juridique définitive. Par ailleurs, l'ampleur et la nature délicate des projets évoqués en contexte de guerre ouverte suscitent une vive émotion au sein de l'opinion publique et exigent une enquête publique et impartiale.

