Une nouvelle étude américaine majeure a révélé que le risque réel de décès des femmes pendant la grossesse et l'accouchement est trois fois plus élevé que ce qui avait été estimé précédemment, et les scientifiques avertissent que restreindre l'accès à l'avortement pourrait augmenter considérablement les taux de mortalité maternelle.
L’étude, publiée dans JAMA Network Open, a porté sur des données recueillies entre 2018 et 2021, incluant près de 15 millions de naissances et plus de 3,5 millions d’avortements. L’analyse a pris en compte les décès survenus pendant la grossesse et dans l’année suivant l’accouchement, à condition qu’ils soient liés à des complications de grossesse ou à des infections contractées durant cette période. Ont été exclus les cas liés à la COVID-19, les fausses couches, les avortements clandestins et les cas où la cause du décès ne pouvait être clairement établie comme étant liée à la grossesse.
Les résultats ont montré qu'en moyenne, on compte 32 décès maternels pour 100 000 naissances, et qu'en 2021, ce chiffre a atteint près de 44. À titre de comparaison, entre 1998 et 2005, le taux de mortalité maternelle se situait entre 8,8 et 14,5 cas pour 100 000 naissances. Les scientifiques soulignent que cette augmentation reflète l'amélioration des systèmes d'enregistrement plutôt qu'une forte détérioration de la santé des femmes.
Les chercheurs soulignent que limiter l'accès à l'avortement sécurisé peut entraîner une augmentation réelle de la mortalité chez les femmes enceintes et les mères. Une autre étude a démontré que l'avortement médicamenteux à domicile jusqu'à 12 semaines est aussi sûr et efficace (97 %) qu'en établissement de santé. La méthode en deux étapes de prise de médicaments permet d'alléger la pression sur les établissements de santé et d'accroître la liberté de procréation des femmes.

