Le président américain Donald Trump, connu pour son pragmatisme en politique internationale, est peu susceptible d'imposer à l'Ukraine une solution qui serait perçue comme une victoire pour Vladimir Poutine par la communauté internationale. Un tel scénario, selon Deborah Gaines, analyste de sécurité et de défense chez Sky News, ne ferait que souligner la faiblesse de l'Occident face à un agresseur.
Gaines suggère que Trump pourrait proposer au Kremlin un gel de la ligne de front à ses positions actuelles. Selon elle, cela constituerait un compromis permettant de réduire l'intensité des combats tout en laissant le Kremlin contrôler les territoires occupés.
Pour Poutine, un tel accord constituerait un pas vers la réalisation de ses ambitions initiales : la conquête des régions orientales et méridionales de l'Ukraine, notamment le Donbass, Kherson et Zaporijia, ainsi que la création de garanties contre l'admission de l'Ukraine à l'OTAN.
Le président ukrainien Volodymyr Zelensky a déclaré être prêt à geler les hostilités si l'Ukraine devenait membre de l'OTAN. Cependant, selon Gaines, une telle proposition a peu de chances d'obtenir le soutien de l'Alliance, car elle limiterait la portée de l'article 5 du traité aux seuls territoires ukrainiens non occupés.
Toutefois, un scénario impliquant l'OTAN dans une mission de maintien de la paix pourrait être envisagé. Cela comprendrait le déploiement de troupes de l'Alliance, y compris britanniques, afin de garantir un cessez-le-feu et de protéger la ligne de front.
Trump tient à démontrer son efficacité en tant que négociateur ; il est donc peu probable qu’il impose un compromis qui serait perçu comme une défaite pour l’Ukraine. Son objectif sera vraisemblablement de créer une trêve permettant d’éviter une nouvelle escalade tout en satisfaisant les intérêts pragmatiques des États-Unis.
Geler le conflit sans garanties claires pour l'Ukraine pourrait n'être qu'une solution temporaire, ne faisant que repousser une nouvelle agression russe. En revanche, assortie de garanties internationales claires, cette situation pourrait donner à Kiev le temps de se redresser et de consolider ses positions.

