Au cours de l'année écoulée, le Registre des personnes corrompues a été enrichi de 2 400 noms, soit trois fois moins qu'en 2021, pendant le conflit. L'analyse révèle que les principaux motifs d'inscription sur cette liste ont évolué durant la guerre ouverte. En 2021, les infractions les plus fréquentes étaient des inexactitudes dans les déclarations (76 %), mais en 2022, les autorités ont rendu facultatives l'obligation de soumettre et de vérifier ces déclarations, ce qui a entraîné une forte baisse du nombre d'inscriptions dans ce domaine en 2022 et 2023.
En revanche, le nombre de personnes ayant accepté des pots-de-vin inscrites au registre a augmenté : 38,2 % pour avoir versé un pot-de-vin et 53,1 % pour en avoir promis. Cependant, les sanctions pour corruption restent relativement clémentes en Ukraine, les condamnés étant souvent assortis d’une simple amende, qui représente 92 % du total des peines. Seuls 5 à 8 % des condamnés sont privés de liberté ou condamnés à des travaux d’intérêt général ou à une mise à l’épreuve.
D'après l'analyse, c'est dans des régions comme Lviv, Kyiv et Dnipropetrovsk que l'on a recensé le plus grand nombre de fonctionnaires corrompus. Ces trois dernières années, Lviv a enregistré le plus grand nombre de condamnations. Le nombre d'inscriptions au registre a diminué au fil du temps : 537 cas en 2021 et seulement 192 l'année précédente.
Les requérants d'Opendatabot soulignent que le Registre des personnes corrompues ne saurait constituer le seul indicateur de la lutte contre la corruption en Ukraine. Ils estiment que la résolution du problème de la corruption exige la mise en place de systèmes transparents, et non une tendance à la répression sélective. Le nombre significatif de condamnations à perpétuité pour corruption témoigne de la qualité des données du registre et de l'efficacité du travail de l'Agence nationale de prévention de la corruption.
Il convient de noter qu'il existe six organismes étatiques de lutte contre la corruption en Ukraine. Le budget le plus important est consacré au fonctionnement du Bureau d'enquête de l'État (plus de 2,4 milliards de hryvnias pour l'année en cours), suivi par celui du Bureau national anticorruption d'Ukraine (environ 1,3 milliard de hryvnias).

