Durant la mobilisation générale en Ukraine, la question du statut juridique des travailleurs réservés et des personnes bénéficiant d'un sursis d'incorporation demeure d'actualité. Malgré les garanties législatives, il arrive que les centres territoriaux de recrutement et d'aide sociale lancent des recherches, même auprès de citoyens ayant des motifs valables d'exemption.
Cette information a été rapportée par Anastasia Shvytkina, jeune avocate au sein du cabinet Murenko, Kuryavyi & Partners.
D'après elle, conformément à la loi ukrainienne « Sur la formation et la mobilisation », les conscrits ayant bénéficié d'une exemption ne sont pas soumis à la conscription pendant la période de mobilisation. Il s'agit des employés des autorités étatiques, des collectivités locales, ainsi que des entreprises, institutions et organisations considérées comme infrastructures critiques.
Ces personnes sont inscrites au registre militaire spécial. La présence d'une réserve mobilisable en cours de validité signifie que, pendant sa période de validité, le citoyen n'est pas mobilisable.
Par ailleurs, comme l'a souligné l'avocat, la décision de réservation ne suffit pas à elle seule. Il est essentiel que les informations concernant le conscrit soient correctement enregistrées dans le Registre national unifié des conscrits, des réservistes et des conscrits (le registre « Oberig »). Ce n'est qu'après l'intégration de ces données dans le système CCC que la personne est considérée comme officiellement réservée.
Vous pouvez consulter le statut actuel via le portail « Diya » ou l'application mobile « Reserve+ ».
Si un citoyen bénéficie d'une réservation valide et que ses données figurent au registre « Oberig », la CCK et le SP ne disposent d'aucun fondement légal pour le mobiliser. En cas de non-respect des règles d'enregistrement militaire, un procès-verbal administratif peut être dressé et une amende infligée ; toutefois, cela ne constitue pas un motif de conscription forcée.
Cependant, selon Shvytkina, dans la pratique, il est arrivé que les représentants de la CCC ne consultent pas l'information relative à la réservation dans le registre, ne tiennent pas compte des documents fournis ou annulent la réservation faute de fondement juridique. Des défaillances techniques dans l'échange de données entre les organismes étatiques ont également été constatées.
L'avocat a souligné que l'exercice du droit au report ou à la réservation dépend directement de la validité des documents et de l'inscription correcte des informations dans le Registre unifié des conscrits, des réservistes et des militaires du rang. Il s'agit de la condition essentielle pour se prémunir contre la mobilisation illégale.

